ENIGME

Un squelette découvert en Grèce pourrait être celui de Bruno Bréguet

Le terroriste suisse, ami de Carlos, avait disparu en 1995

La police grecque va peut-être résoudre l'une des énigmes les plus troublantes des milieux du terrorisme international. Le 12 novembre 1995, le Tessinois Bruno Bréguet, considéré comme un proche collaborateur du Vénézuélien Ramirez Sanchez, plus connu sous le nom de Carlos, était vu pour la dernière fois dans la région d'Igoumenitsa. Ce sont peut-être ses restes qui ont été découverts vendredi par un enfant jouant sur la plage de ce port du nord-ouest de la Grèce. Une partie des ossements flottaient dans l'eau et le reste du squelette était enfermé dans du ciment et des pierres enfoncés dans le sable. Les autorités grecques vont poursuivre les opérations d'identification du cadavre. Elles pourraient ultérieurement réaliser l'empreinte génétique du corps et la comparer à celle d'un membre de la famille de Bruno Bréguet. D'ores et déjà l'hypothèse est plausible. Aucune autre disparition n'avait été signalée à l'époque dans la région et les ossements retrouvés sont ceux d'un homme de 40 à 45 ans. Or Bruno Bréguet était âgé de 46 ans au moment de sa disparition.

Les rumeurs les plus folles avaient alors circulé sur le sort du Tessinois et l'identité d'éventuels ravisseurs ou exécuteurs. La personnalité de Bruno Bréguet, qui vivait incognito en Epire avec sa compagne et leur fillette, était de nature à les alimenter. En 1970, il avait été arrêté en Israël, alors qu'il tentait d'introduire deux kilos d'explosif dans le pays. En 1982, il avait été jugé en France avec la compagne de Carlos, Magdalena Kopp. Les deux accusés avaient été condamnés respectivement à quatre et cinq ans de réclusion pour détention d'explosifs. Plusieurs attentats avaient suivi un ultimatum adressé par Carlos au gouvernement français pour exiger leur libération. Celle-ci était intervenue en 1986. Bruno Bréguet était par ailleurs en contact avec le mystérieux banquier pulliéran François Genoud, figure de l'extrême droite européenne et détenteur des droits d'édition d'Adolf Hitler.

En novembre 1995, le Tessinois avait pris le ferry pour Ancône. Interdit de séjour en Italie, il avait été refoulé au débarquement et avait dû reprendre la mer pour la Grèce. Il a été vu pour la dernière fois à son arrivée au port d'Igoumenitsa.

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