Après le jugement officiel du Département de la formation (Le Temps du 15 mars), la Société vaudoise des maîtres secondaires (SVMS) a présenté lundi sa propre appréciation face à la mutation de l'école vaudoise (EVM). Basé sur un questionnaire expédié à tous les membres de l'association, mais que 268 d'entre eux seulement ont rempli (32%), ce bilan salue la structure actuelle du cycle de transition, mais déplore la procédure d'orientation, jugée trop lourde. Il se montre particulièrement critique vis-à-vis du système d'évaluation, jugé «insatisfaisant» par 82% des enseignants qui ont répondu au questionnaire. Partagés sur le retour des moyennes traditionnelles au dixième de point (52% de non, contre 48% de oui) les maîtres secondaires, qui enseignent entre la 5e et la 9e année ainsi qu'au gymnase, ont tendance à estimer qu'il est possible de faire cohabiter les notes et la pédagogie formative. Syndicat aux positions de gauche souvent tranchées, la SVMS a décidé de se ranger à cet avis, et son comité soutient – à partir du cycle de transition – le retour à des notes échelonnées entre un et six, avec des moyennes calculées au demi-point mais modulables. Une position proche de celle de l'initiative libérale sur le retour des notes.

Confirmation des lacunes déjà constatées

Les réponses aux autres questions posées confirment les lacunes constatées dans la formation initiale à EVM, jugée insuffisante dans 72% des réponses. Les membres de la SVMS refusent par ailleurs une formation continue qui serait soumise à un régime de portfolio, représentant un strict encadrement. Ils souhaitent également que le partenariat avec les parents puisse avoir lieu dans un cadre souple. Le président de la SVMS, André Brasey, et son vice-président, Didier Jaccottet, ont trouvé dans les réponses un net appui (80% des avis) à leur volonté de défendre une école ayant pour but de transmettre des connaissances et non de simples techniques: «Il s'agit de mettre un savoir gratuit à la disposition des gens, non de les formater pour les besoins de l'économie privée.» La manière orientée dont la question était posée a toutefois soulevé de nombreuses critiques.

Pour le président et le vice-président de la SVMS, ce bilan très critique ne doit pas être lu comme un refus d'EVM, mais plutôt comme l'appel à un nouvel élan: «La démocratisation de l'école est tout à fait nécessaire, et nous la soutenons. Ce qui nous inquiète, c'est l'impression d'assister à un recul de cette démocratisation.» Ces résultats ont été transmis à la conseillère d'Etat Francine Jeanprêtre, et à quelques cadres du DFJ, assorti d'un appel à l'ouverture d'un débat. Déplorant «le climat actuel de guerre de religion», les responsables de la SVMS estiment que buts et moyens de la réforme doivent être rediscutés. Pour eux, la mutation vaudoise n'échappera pas à une dure remise en question, plus drastique que ne l'envisage le département.