Santé

Un tiers des écoliers souffriraient d'un burn-out

Les écoliers seraient de plus en plus nombreux à souffrir de stress, selon la SonntagsZeitung. Maux de tête, troubles du sommeil ou refus d'aller en classe seraient dus à la multiplication des activités de loisirs, mais aussi aux fréquents changements dès l'école primaire

Le burn-out est entré en classe, si l'on en croit la SonntagsZeitung. Même des écoliers de dix ans souffriraient d'un stress lié aux examens et de la pression à la performance. Un tiers des écoliers souffriraient d'un burn-out, avance le journal.

Au service d'urgence de la clinique psychiatrique zurichoise pour les enfants et les jeunes, les cas d'urgence sont passés en dix ans de 49 à 649 par an. «Les raisons sont multiples, mais l'école est un facteur essentiel», affirme Gregor Berger, responsable du service d'urgences. «De plus en plus d'enfants et de jeunes souffrent de stress», ajoute Thomas Mattig, directeur de la fondation nationale Promotion Santé Suisse.

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Selon l'organisation Mondiale de la Santé (OMS), un tiers des écoliers suisses de onze ans souffrent de problèmes de sommeil, un symptôme de stress, 15% de déprime, 12% de maux de tête. Le burn-out a en effet plusieurs visages, commente l'article. Il peut se traduire par des troubles de sommeil, le refus de se rendre aux cours ou même des pensées suicidaires.

La faute aux médias?

Les demandes de conseil de la part des jeunes auprès de la Fondation Pro Juventute traduisent un changement thématique, explique Bernhard Bürki, porte-parole. En 2017, 30% portaient sur des «graves problèmes personnels», contre 18% en 2010. 

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Les dirigeants scolaires ne s'estiment pas compétents en la matière, à l'image de Reto Wyss, membre de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'éducation (CDIP). Le stress provient, à son avis, non pas de l'école mais de la multiplication des activités, notamment des loisirs, par exemple d'une consommation des médias qui atteindrait deux heures par jour.

Trop de changements d'enseignants

A Zurich, la clinique psychiatrique pour les enfants et les jeunes observe pourtant une hausse des urgences lors des examens d'admission au gymnase, à la fin des périodes d'essais ou pour les examens de fin d'apprentissage. Les filles seraient davantage stressées que les garçons, selon le journal.

Les fréquents changements de personnel enseignant contribuent aussi à l'augmentation du stress. La SonntagsZeitung cite le cas d'un garçon de dix ans qui refusait d'aller à l'école. Le burn-out a été rapidement dianostiqué par une psychologue. L'enfant avait dû faire face à huit différents enseignants. Il est devenu aujourd'hui la règle qu'un élève de l'école primaire ait quatre à cinq enseignants, confirme le psychologue Allan Guggenbühl.

Dans certains cantons, la solution au stress des élèves passe par une réduction des devoirs scolaires. Mais, selon Thomas Mattig, la Promotion Santé Suisse, «le problème des élèves stressés va encore augmenter. 

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