Depuis 2000 qu'il a été énergiquement ouvert par Pierre Kohler, le dossier des 114000 tonnes de déchets chimiques entreposés entre 1961 et 1976 dans une glaisière à Bonfol a franchi une multitude de caps décisifs. Une nouvelle «étape déterminante», selon le ministre jurassien de l'Environnement, Laurent Schaffter, s'est déroulée jeudi: le canton du Jura a délivré le permis de construire à la chimie bâloise (bci) qui procédera à l'assainissement. Un permis de construire, alors qu'il faut excaver les déchets puis les transporter par rail pour les incinérer en Allemagne? Pour réaliser une boîte étanche sur la décharge, avant d'ouvrir le couvercle.

La bci érigera ainsi une halle de 150 mètres sur 122, haute de 6 mètres et soutenue par une structure métallique aérienne de 48 mètres de haut. Elle bâtira encore une salle de conditionnement des déchets et un pavillon technique.

Ces travaux préparatoires seront terminés à fin 2009, ils coûteront 40 millions. L'assainissement débutera en 2010, durera quatre ans, avant le reboisement du site en 2015. La bci aura alors déboursé 350 millions.

L'octroi par le Jura du permis d'assainir est assorti de plusieurs centaines de conditions en matière de protection de l'environnement, des eaux, de l'air, et de sécurité au travail. «A ce stade, je pense pouvoir dire que rien n'a été fait à la légère, que rien n'a été négligé», assure Laurent Schaffter. La bci doit revoir le système de traitement de l'air, qui fera l'objet d'un complément au permis de construire. Le canton entend assumer avec zèle son rôle de surveillance.

La chimie bâloise se félicite de l'avancement des procédures. Elle certifie qu'elle tiendra les délais. Laurent Schaffter exhibe alors une image de synthèse, montrant le site de la décharge «tel que nous souhaitons qu'il redevienne dans dix ans», soit une magnifique forêt.