L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a confirmé jeudi matin, le décès d’une femme séropositive de 46 ans des suites de la grippe A. Originaire du canton de Zurich, la victime souffrait d’une forte insuffisance cardiaque. Les premiers symptômes de grippe pandémique ont été décelés chez cette personne le 9 novembre. La femme a été hospitalisée le 14 novembre, a indiqué Patrick Mathys de l’OFSP.

L’Office a également confirmé le décès d’une autre victime de la grippe porcine, précédemment annoncé à Winterthour. Il s’agit d’une femme de 54 ans souffrant de diabète. Elle a été hospitalisée le 14 novembre, placée le même jour aux soins intensifs et a succombé le 18 novembre.

Vu son diabète et avec de telles complications pulmonaires, cette femme serait aussi décédée de la grippe normale, selon le porte-parole cantonal de la santé Urs Rüegg. Dans une année normale, une centaine de personnes meurent de la grippe classique dans le canton de Zurich, selon lui.

Progression soutenue

Parmi les personnes atteintes par le virus H1N1, 85 ont dû être hospitalisées, dont 16 aux soins intensifs, a précisé Patrick Mathys. Quant aux vaccins, la Suisse fait partie des pays les mieux fournis. Elle n’a pas à rougir en comparaison internationale, d’après lui.

D’ici la fin de cette semaine, il y aura des doses pour couvrir 25% de la population (2 millions de doses). Le taux de couverture potentielle passera à 50% d’ici la fin de la semaine suivante, a assuré M. Mathys. Pas question non plus pour Thomas Zeltner, le directeur de l’OFSP, de mettre de l’huile sur le feu par rapport à certaines critiques sur le fonctionnement du système.

«Il n’est jamais trop tard pour se faire vacciner», a rappelé la spécialiste des vaccinations Virginie Masserey. Se soumettre à cette procédure est toutefois inutile pour une personne déjà infectée par le virus de la grippe porcine. Cela dit, le vaccin ne va pas aggraver sa situation.

Quant aux personnes présentant un état fébrile, il est préférable qu’elles ne se fassent pas vacciner pendant cette période. Le vaccin peut alors être moins efficace quand on est malade, a relevé Mme Masserey. Et de rappeler que les risques de coïncidence avec d’autres problèmes de santé augmentent quand on se fait beaucoup vacciner.

La spécialiste de l’OFSP a en outre énuméré une nouvelle fois les groupes cibles des trois vaccins disponibles en Suisse. Swissmedic a dorénavant officiellement autorisé l’utilisation du Pandemrix pour les plus de 60 ans. L’Institut de contrôle confirme ainsi la recommandation de l’OFSP. La commission fédérale pour la vaccination est par ailleurs elle aussi d’avis que tous les trois vaccins répondent aux critères et sont sûrs.