Un tronçon à péage pour désenclaver le Chablais

Haute-Savoie L’autoroute devrait relier Thonon à Machilly pour soulager le trafic pendulaire

L’Etat français et le Conseil départemental de Haute-Savoie ont annoncé le 27 avril qu’une liaison autoroutière privée avec péage serait ouverte entre Machilly et Thonon-les-Bains, à compter de 2022. Ce maillon supplémentaire de 16,5 km constitue une nouvelle étape dans un vaste projet connu sous le nom de désenclavement du Chablais.

La région a accumulé du retard en termes de mobilité tandis que le trafic saturait avec notamment un nombre croissant de travailleurs frontaliers tentant de rallier chaque matin Annemasse puis Genève (environ 20 000 usagers quotidiens). Dans le Chablais, 79% des déplacements domicile/travail se font en voiture par la faute, entre autres, d’un réseau ferroviaire archaïque et inadapté aux exigences des pendulaires.

Paris et Annecy, la préfecture haut-savoyarde, ont en conséquence choisi de moderniser progressivement les routes. En 2008, le contournement de l’agglomération de Thonon grâce à une rocade (quatre voies) a constitué le premier chaînon visant à désenclaver le Haut-Chablais. Une 2x2 voies a été inaugurée en septembre 2014 reliant le carrefour dit des Chasseurs près d’Annemasse à Machilly.

Oppositions attendues

La dernière annonce concernant la liaison Machilly-Thonon vient achever le projet d’axe routier rapide. Il restera à contourner Annemasse depuis le carrefour des Chasseurs jusqu’à l’autoroute A40 (échéance de réalisation pas encore fixée). Plus à l’est, près de Saint-Gingolph, un projet d’itinéraire alternatif visant à éviter le centre de la ville est à l’étude entre le canton du Valais et le département de la Haute-Savoie.

Le coût de la desserte Machilly-Thonon est estimé pour le moment à 200 millions d’euros à la charge du futur concessionnaire privé. Trois diffuseurs sont prévus, deux aux extrémités et un central à Perrignier. La vitesse sera limitée à 110 km/h. Prix du péage: entre 1,60 et 2,40 euros. Une nouvelle déclaration d’utilité publique (DUP) sera nécessaire pour cette liaison car celle de 2006 qui spécifiait un financement public et un tronçon gratuit est devenue caduque.

«Les contraintes budgétaires d’aujourd’hui modifient la réalisation avec un appel d’offres vers un concessionnaire privé et une section devenue à péage», explique Jean-Marie Staub, de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement. Futurs riverains, agriculteurs et défenseurs de l’environnement devraient profiter de cette nouvelle DUP pour déposer des oppositions.

En 1997, le projet très avancé d’une grande autoroute dite A400 à travers le Chablais avait été enterré sous la pression des écologistes locaux et de Dominique Voynet, la ministre verte de l’Environnement dans le gouvernement de Lionel Jospin. Anticipant les oppositions, le projet présenté par les autorités de l’Etat et du département insiste sur la réduction au maximum des impacts sur le milieu humain et naturel avec des continuités biologiques maintenues, des protections phoniques et de la reconstitution des lisières et du paysage autour de la future liaison.