En place depuis huit ans, Marcel Sandoz ne briguera pas un nouveau mandat à la tête de l'Union suisse des paysans (USP). Il reste en fonctions jusqu'à la désignation de son successeur, prévue pour le 16 novembre. Pour des raisons stratégiques, le nouveau leader de l'USP sera sans doute Alémanique et membre de l'UDC. Alémanique, parce qu'après la double présidence successive du Fribourgeois Jean Savary et du Vaudois parfaitement bilingue Marcel Sandoz, les Romands auront de la peine à revendiquer une fois encore la tête de l'USP.

Membre de l'UDC, parce que c'est de ce parti que sont venues les principales critiques émises envers la politique agricole conduite par les conseillers fédéraux radicaux Jean-Pascal Delamuraz et Pascal Couchepin, le directeur radical de l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG), Hans Burger, et le président radical de l'USP.

L'UDC attendue au tournant

L'idée circule en effet à Berne d'appeler la formation de Christoph Blocher aux affaires agricoles afin qu'elle démontre ce qu'elle est capable d'y faire. C'est dans ce but que Pascal Couchepin a désigné un démocrate du centre, Manfred Bötsch, comme nouveau directeur de l'OFAG.

Le PRD sera vraisemblablement tenté de faire de même avec la présidence du lobby paysan. Interrogé sur le remplacement de Marcel Sandoz, le secrétaire général du parti, Johannes Matyassy, se contente d'indiquer que le Genevois John Dupraz sera proposé pour la vice-présidence. S'il se confirme que le PRD ne s'accroche pas au siège présidentiel, la voie sera alors libre pour le Thurgovien Hansjörg Walter, dont la candidature a été annoncée lundi. Agé de 49 ans, marié, père de trois enfants, président des paysans thurgoviens pendant huit ans et conseiller national UDC depuis décembre, il soutient les propositions de retraites anticipées et de soutien aux familles agricoles émises récemment par Marcel Sandoz, mais il se distancie du président sortant sur les questions sociales et environnementales.

Marcel Sandoz s'est en effet engagé en faveur d'une assurance maternité plus généreuse que les huit semaines envisagées. Il soutient également les redevances énergétiques et son vote s'est révélé déterminant au sein de l'USP puisque, grâce à sa voix prépondérante, le comité central recommande de dire trois fois oui aux taxes vertes le 24 septembre. Hansjörg Walter ne partage pas ces points de vue et confie au Temps qu'il «ne compte pas s'engager beaucoup dans la campagne» pour ces redevances, officiellement soutenues par l'USP contre son gré.