En Suisse romande, il a porté l’initiative quasiment seul. La victoire sans nuance du «oui» devrait le remplir de satisfaction. Mais ses sentiments, quoi qu’il s’en défende, semblent un peu plus complexes.

La télévision, qui l’a suivi à la mosquée de Lausanne où il a appris le résultat, le montre ébranlé, un peu inquiet, pas vraiment joyeux en tout cas. Au téléphone peu après, il se dit content de constater que «le peuple a fait un acte de souveraineté face à un establishment presque unanime», affirmant la prééminence de la loi civile sur le dogme musulman.

Mais il se montre peu soucieux d’exploiter cette victoire: les musulmans doivent comprendre qu’ils sont libres d’observer leur foi dans la sphère privée et s’ils se le tiennent pour dit, il n’y aura pas lieu de rediscuter leur statut. Il dit ne pas craindre de représailles – contrairement aux caricatures de Mahomet, l’initiative ne s’en prenait pas au cœur de la religion.

Le soir, de nouveau à la télévision, il parle d’interdiction du foulard à l’école. Presque timidement, après avoir dit qu’il avait demandé une protection «car on ne sait pas ce qu’un fou pourrait faire». Décidément, Oskar Freysinger a le triomphe bien modeste.