Le canton de Bâle-Ville renoue avec une majorité de gauche au gouvernement pour la première fois depuis cinquante-quatre ans. La socialiste Eva Herzog et le candidat de l'alliance rouge-verte Guy Morin ont été élus au second tour au Conseil d'Etat. Ils rejoignent deux autres socialistes, un radical, un libéral et un PDC. Le candidat du parti radical, Mike Bammatter, n'a pas réussi à sauver le fauteuil laissé vacant par le libéral Ueli Vischer.

Alors qu'au parlement, la gauche rouge-verte, avec 62 des 130 sièges, avait déjà réussi à se rapprocher de la majorité absolue, ses deux candidats au gouvernement étaient en bonne position. D'autant plus que le démocrate-social Hans Martin Tschudi, qui avait raté sa réélection au premier tour, avait créé la surprise. Après huit ans au gouvernement, il a décidé de ne pas tenter une nouvelle fois sa chance et annoncé son retrait de la politique.

La victoire de l'historienne Eva Herzog, présidente du groupe socialiste au parlement, était quasiment acquise. Le député Vert Guy Morin pouvait compter sur sa popularité de médecin.

Mike Bammatter était lui peu connu dans son canton, où il n'a jamais occupé de mandat politique. Pendant la campagne, déjà, on murmurait que le candidat n'était pas forcément le meilleur cheval de l'écurie radicale. Ainsi, les partis bourgeois du centre ne sont pas arrivés à serrer les rangs. L'UDC n'avait donné aucune consigne de vote.

Alors que les majorités rouges-vertes se sont multipliées dans les grandes villes suisses ces derniers quinze ans, le glissement à gauche de Bâle n'est pas en soi une surprise. Mais au niveau cantonal, le fait est plus marquant. Bâle-Ville avait déjà connu une majorité de gauche de 1935 à 1950. Plus récemment, les cantons de Berne, Neuchâtel, Schaffhouse et Vaud ont connu chacun une brève majorité de gauche.