Le peuple devrait voter sur l’abandon du nucléaire

En prévision du débat du Conseil national sur la Stratégie énergétique 2050, qui ne débutera que lundi, l’Institut Libéral et les professeurs Bernd Schips et Silvio Borner lancent un pavé dans la mare. Ils demandent au parlement de stopper l’exercice sine die car celui-ci s’annonce ruineux pour l’économie.

Ils estiment à 100 milliards de francs les investissements nécessaires pour financer l’entretien du réseau et les installations d’énergies vertes qui remplaceront l’électricité des centrales nucléaires. Selon eux, il faudrait doubler les capacités de pompage-turbinage, construire 70 à 150 km2 de surfaces photovoltaïques – l’équivalent de 10 000 à 20 000 terrains de football – et quelque 1400 éoliennes réparties sur 600 kilomètres. Or, disent-ils, «le soleil et le vent ne seront jamais commercialisables à long terme dans les conditions climatiques que l’on connaît en Suisse».

Les auteurs de l’étude affirment que «le remplacement des anciennes centrales nucléaires par des centrales de nouvelle génération serait possible à un tiers de ces coûts d’investissement». Ils omettent toutefois de signaler l’impossibilité politique et démocratique de construire une nouvelle usine nucléaire.

L’Institut Libéral n’est pas le seul à s’intéresser aux coûts. Economiesuisse a calculé que le relèvement du prix du kWh pour subventionner les renouvelables pourrait coûter jusqu’à 28 milliards d’ici à 2042.

Selon Silvio Borner, l’interdiction de l’énergie nucléaire et son remplacement par une «économie planifiée de l’électricité» devraient obligatoirement être soumis au vote populaire. Le PLR exige la même chose dans une pétition remise à Doris Leuthard jeudi. A ce stade, seul le référendum facultatif est prévu.