Grand conseil

Unanimité genevoise pour soutenir les rénovations des organisations internationales

Le Grand conseil genevois a approuvé les crédits pour la rénovation du Palais des Nations et l'extension de l'OMS. Un vote unanime, malgré les doutes sur la gestion de la Fondation des immeubles pour les organisations internationales

Genève n’a pas pris le risque de jouer les enfants gâtés. Le parlement cantonal a adopté vendredi les crédits pour soutenir la rénovation du Palais des Nations, le siège européen de l’ONU, ainsi que l’extension de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La réussite de ces deux projets est jugée cruciale pour le maintien des organisations internationales au bout du lac.

«Ce vote dégage l’horizon de la Genève internationale», s’est félicité François Longchamp, le président du gouvernement genevois. Et de rappeler que ce secteur représente 40 000 emplois et génère 5 milliards de francs de retombées économiques au canton. Un autre résultat aurait été un «signal dramatique» à destination de l’ONU et de la Confédération, selon François Longchamp, cette dernière faisant des «efforts colossaux» pour la Genève internationale. Les chambres fédérales doivent approuver en juin des crédits de 292 millions de francs pour les rénovations, également sous forme de prêts sans intérêts.

Le feu vert du Grand Conseil a été obtenu à l’unanimité malgré les doutes des députés sur la gestion de la Fondation des immeubles pour les organisations internationales (Fipoi). L’argent du canton mais aussi celui de la Confédération transitera par cette fondation de droit privé chapeautée par Genève et Berne.

Le canton de Genève débloquera ainsi 80 millions de francs, sous forme de prêts sans intérêts pour le Palais des Nations, un chantier devisé à 835,6 millions de francs, et pour le siège de l’OMS. 28 millions supplémentaires seront dégagés par l’absorption par la Fipoi d’une autre fondation, la Fondation du centre international de Genève (FCIG) qui gère quelques immeubles pour louer des bureaux bon marchés aux ONG.

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Cette dernière mesure a été plus disputée au Grand Conseil. Car, au moment de l’examen en commission de cette absorption, le scandale de la mauvaise gestion de la Fipoi n’avait pas encore éclaté. «La situation de la Fipoi nous était alors présentée comme idyllique», a rappelé l’UDC Eric Leyvraz. Des doutes partagés à gauche, laquelle s’est en partie abstenue sur cet objet.

En parallèle, la commission de gestion du Grand conseil continuera d’enquêter sur la Fipoi. Après avoir entendu François Longchamp, l’actuel président du conseil de fondation de la Fipoi, elle auditionnera prochainement l’ambassadeur suisse Alexandre Fasel, qui présidait l’an dernier cette instance, de même que la conseillère administrative Sandrine Salerno qui y siège également. La Fipoi avait été visée par un audit accablant de la Cour des comptes. Ce document, achevé en juin 2015, a été dissimulé jusqu’en avril dernier pour «préserver les intérêts de la Genève internationale».

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La Cour des comptes épinglait le favoritisme dans l’attribution de mandats ou la pratique généralisée qu’avaient les cadres de solliciter des employés pour effectuer des travaux privés. La Cour des comptes n’avait toutefois pas trouvé d’indices d’actes pénalement répréhensibles. Un second rapport avait été commandité par le Département fédéral des affaires étrangères à l’ancien juge Claude Rouiller. Cette seconde expertise a confirmé les constats de la Cour des comptes et recommandé la mise en retraite anticipée de l’ancien directeur, lequel a été remplacé début mai.

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