Justice

Une affaire de corruption éclabousse Genève Aéroport

Le chef de la division sûreté de Cointrin a été arrêté. Il est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin de la part d’une société de sécurité qui fournissait du matériel et assurait la formation des agents du contrôle des passagers. Le responsable de l’entreprise a également été interpellé

Pas de répit sur le front judiciaire. Ce mercredi, c’était au tour de Genève Aéroport de recevoir la visite du premier procureur Yves Bertossa et des policiers de la brigade financière. Le responsable de la division sûreté de Cointrin, ancien conseiller municipal PLR à Bellevue, est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin durant environ cinq ans. Il a été arrêté. Le corrupteur présumé, responsable d’une société genevoise qui fournissait notamment des tapis de détection du métal et assurait la formation des agents du contrôle des passagers, a également été interpellé.

Pas d’appel d’offres

Le Ministère public a communiqué sur la procédure alors que les perquisitions, opérées le matin même, avaient déjà été révélées sur les sites de la Tribune de Genève et de 20 minutes. Depuis février 2019, le parquet s’intéresse à de possibles infractions liées à l’attribution de certains marchés à cette société de sécurité spécialisée dans le conseil, la formation, le contrôle qualité et qui a obtenu une certification en matière d’aviation civile. Le département de la sûreté de l’aéroport travaillait très régulièrement avec cette entreprise et ses experts aéronautiques. Il n’y aurait pas eu d’appel d’offres pour les contrats qui font l’objet de ce premier volet de l’enquête.

Les deux responsables ont été entendus mercredi par la police. Ils seront interrogés ce jeudi par le procureur. La procédure a été ouverte des chefs de corruption active, corruption passive et gestion déloyale des intérêts publics. De son côté, Genève Aéroport s’abstient de tout commentaire et dit collaborer à l’enquête.

Adjudications suspectes

Parallèlement à cette procédure, le Ministère public a ouvert une autre instruction, dirigée contre inconnu, sur dénonciation par la Cour des comptes de possibles dysfonctionnements lors de procédures d’adjudication. La Chambre administrative avait déjà estimé que la clause stipulant que les trois lots devaient être octroyés à des entreprises différentes, afin d’éviter tout blocage en cas de grève, n’avait pas été respectée. L’aéroport avait retenu Custodio et Securitas, qui appartiennent au même groupe.

Enfin, selon nos sources, l’enquête menée actuellement ne concerne en rien la concession au sol attribuée à l’entreprise émiratie Dnata, évoquée dans le cadre de l’affaire Maudet.

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