Antoni Mayer, 62 ans, directeur général de la société Télégenève et candidat au Grand Conseil sur la liste libérale, a été congédié à la suite d’une condamnation dans une affaire de travail au noir. La Ville de Genève souhaite aussi le voir quitter la direction de la chaîne de télévision Léman Bleu.

Comme le révélait hier le site tdg.ch, Antoni Mayer, patron du téléréseau genevois (Naxoo), a été licencié par son employeur. Le conseil d’administration de Télégenève SA reproche à Antoni Mayer de ne pas l’avoir informé lorsque l’inspection du travail a ouvert une enquête sur divers cas de travail sans permis, et de pas l’avoir averti de sa condamnation en juin par la justice. «Nous estimons que le lien de confiance entre nous et M. Mayer a été brisé, car nous n’avons été mis au courant des événements que la semaine dernière», déclare Michel Mattacchini, président du conseil d’administration.

Antoni Mayer conteste: «J’ai informé oralement mon président de ma condamnation, mais il ne semble pas s’en souvenir.» L’ex-directeur de Naxoo, qui devait quitter son poste au 31 décembre, a été condamné à 120 jours-amendes avec sursis pour violation de la loi sur les étrangers et de la loi sur le travail au noir. Entre 2005 et 2007, des étudiants étrangers ont travaillé dans l’entreprise sans permis valable. «Ils ont tous reçu les autorisations nécessaires par la suite, assure Antoni Mayer. Il n’y a pas eu de dumping, les salaires étaient conformes aux conditions du marché et les impôts à la source étaient payés.» Selon l’ex-directeur, c’est une bourde du service des ressources humaines qui est à l’origine de l’affaire. «C’était mon rôle d’endosser cette erreur», poursuit-il.

Un «coup monté»

De son côté, la Ville de Genève, actionnaire majoritaire de Télégenève, a approuvé la décision du conseil d’administration. Par ailleurs, elle invite les administrateurs de Léman Bleu, dont elle est actionnaire minoritaire, à rediscuter «la poursuite des rapports de travail avec son directeur». En clair, l’exécutif de la Ville souhaite voir Antoni Mayer quitter la direction de la chaîne. Lui se dit victime d’un «coup monté: le Conseil administratif avait déjà fait pression sur moi au moment de choisir un repreneur pour Léman Bleu en 2005. Ils saisissent cette occasion pour tenter de m’écarter.»

Reste que pour le Parti libéral, l’affaire s’avère fort embarrassante, à trois semaines seulement des élections cantonales.