Une grosse main dont l'index, d'une pichenette, s'apprête à éjecter un invalide en chaise roulante. Le style utilisé par les adversaires de la réforme rappelle celui de l'UDC. «C'est très trash, indigne de la cause. Cela fait penser à des affiches d'un autre temps. Une connaissance très engagée dans le social m'a dit qu'elle avait été elle-même très choquée», s'étrangle Christophe Darbellay.

L'association Personnes handicapées contre la RPT ne s'offusque guère des reproches qui lui sont adressés. «C'est vrai, le symbole de l'éjection est assez provocant. Mais il faut montrer l'enjeu pour que le peuple vote en connaissance de cause. Si cela crée le débat public, le but est atteint», se défend Josée Martin. «Avec un tel message, les gens n'auront à l'esprit qu'un qualificatif: antisociale. Ce n'est pas conforme à la réalité», proteste Christophe Darbellay.

Le démocrate-chrétien rêverait de contrer cette campagne d'affichage, mais le comité de soutien ne dispose d'aucun moyen. L'économie ne s'est pas engagée pour la péréquation financière – elle a préféré mettre quelques sous dans la défense des cellules souches –, alors que les adversaires avouent un trésor de guerre de 600 000 francs. Un demi-million a été récolté auprès des quarante associations partenaires. Un appel de fonds et la participation volontaire de leurs employés, qui ont renoncé à une partie de leur salaire, ont permis d'engranger 100 000 francs supplémentaires, confie Josée Martin.