Genève

Une alerte à la bombe met l’aéroport sur les dents

Un appel anonyme a décidé Genève Aéroport à mettre en place un dispositif de sécurité renforcé. La faute à une femme voulant empêcher son mari de partir, selon l’enquête du ministère public

C’est un enfantillage qui a mis hier l’aéroport de Genève en alerte. Voulant empêcher le départ de son mari, une femme n’a rien trouvé de plus judicieux à faire que d’appeler les douanes suisses de l’aéroport, mardi soir depuis Annecy (Haute-Savoie), en les prévenant d’une alerte à la bombe.

Par les temps qui courent, il n’en fallait pas plus pour déclencher le branle-bas de combat. A l’aube, la police investit les lieux et procède à des contrôles préventifs de sécurité. Dès six heures du matin, les voitures sont contrôlées une à une avant l’entrée des parkings, provoquant des bouchons sur plusieurs kilomètres. Puis un premier contrôle d’identité des passagers est réalisé à l’entrée de l’aérogare. Les forces de police portent l’armement standard. «Le fonctionnement de l’aéroport n’est pas trop entravé, estime Bertrand Stämpfli, porte-parole. Deux portes d’accès sont ouvertes au lieu des trois habituelles, la circulation se fait sur une voie au lieu de deux.»

Chiens policiers en renfort

Les passagers ne trahissent ni panique ni agacement, l’aéroport est bien plus calme que les samedis de forte affluence. De l’avis de quelques voyageurs ayant réussi à rejoindre le hall d’enregistrement, la présence des agents armés est plutôt rassurante. Un couple de Qataris arrivé par le train ne trouve rien à redire sur les contrôles renforcés qu’il a subis. Devant une porte d’entrée, un chien policier renifle le sac à dos fatigué d’un jeune homme, tenu à distance par ses maîtres limiers. Il flaire, sautille, un peu joueur. Rien de répréhensible, conclut le chien, puisque l’homme peut repartir avec son bagage. Sur un banc, un employé de Genève Aéroport travaillant au contrôle des passeports prend sa pause. Dix ans qu’il travaille ici, il n’a jamais vu un tel dispositif. «Un coup de fil est parvenu vers 21 heures, avertissant que le secteur France allait exploser!», croit-il savoir. Il n’était somme toute pas si mal informé. La femme en cause, actuellement prévenue, avait en effet mentionné qu’une personne munie d’une bombe allait sévir dans le secteur français de l’aéroport, expliquera le Ministère public un peu plus tard. «Les informations reçues ont été suffisamment prises au sérieux pour que Genève mette en place en place un dispositif de sécurité qui tienne la route, note alors Silvain Guillaume-Gentil, porte-parole de la police genevoise. Si la France lève le doute, on s’adaptera.»

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Perquisition à Annecy

Dont acte. Il est un peu plus de 14 heures lorsque le dispositif est progressivement levé, après la découverte du pot aux roses, une crise de couple qui tourne à la mauvaise blague. Informé par la brigade de l’aéroport de la police judiciaire, le Ministère public a en effet ouvert une procédure un peu plus tôt et identifié le numéro de l’appel suspect, correspondant à un raccordement à Annecy. Sur commission rogatoire du Ministère public, les autorités françaises ont alors retrouvé sa trace et perquisitionné le domicile correspondant au raccordement en question. C’est là qu’une femme a admis être l’auteure de l’appel et fourni son ahurissant mobile.

Elle a été arrêtée et est actuellement prévenue de menaces alarmant la population (art. 258 CP). Une procédure pénale a par ailleurs également été ouverte contre elle en France. Les autorités judiciaires suisses et françaises se coordonneront en vue de la suite de la procédure, ajoute le Ministère public genevois. Pour l’heure, Cointrin a repris ses habitudes récentes: «une présence policière renforcée en lien avec la situation internationale», indiquent les forces de l’ordre.

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