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Déficiences «innombrables»
En plus d’être cher, le F-35 serait dangereux. «L’avion collectionne les défauts et les problèmes techniques, des enquêtes parlementaires américaines en témoignent», souligne Pierre-Alain Fridez. Les déficiences sont «innombrables» et certaines mettraient la vie des pilotes en danger. L’engin serait aussi inadapté aux besoins de la Suisse, étant un bombardier d’attaque furtif «conçu pour les guerres d’agression». «Nous avons besoin d’un avion qui remplit pour l’essentiel des tâches de police et de protection de l’espace aérien», estime le conseiller national jurassien.
Les initiants dénoncent également un processus d’acquisition prévu «de manière à ce que le F-35 paraisse être le premier choix» ainsi qu’une dépendance à l’égard de la puissance militaire américaine. Les services de renseignements américains seraient à tout moment dans le cockpit. «Cet empiétement sur notre souveraineté est inacceptable», fustige le socialiste.
Le F-35 serait aussi plus bruyant que le F/A-18, son prédécesseur. «Il s’agit d’une restriction sévère de la qualité de vie des personnes vivant à proximité des aérodromes militaires», déclare Pauline Schneider, secrétaire du GSsA. Elle déplore encore qu’un F-35 consomme 5000 litres de kérosène pour une seule heure de vol. «C’est suffisant pour faire 2,5 fois le tour du monde en voiture.» Le choix du fabricant Lockheed Martin pose aussi problème. «L’entreprise produit des armes nucléaires et d’autres armes prohibées», pointe-t-elle. La Confédération paierait cinq milliards de francs à une entreprise qui produit des armes interdites en Suisse.
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Meilleur rapport qualité-prix
L’acquisition de nouveaux avions de combat d’ici 2030 pour un montant maximal de six milliards de francs a été acceptée de justesse en votation populaire en septembre 2020, avec 50,1% de oui. Parmi quatre appareils en lice, le Conseil fédéral a proposé fin juin l’achat de 36 F-35A. Après des évaluations, ce jet présentait le meilleur rapport qualité-prix, selon le gouvernement.
Ce dernier avait encore argué que cet avion assure tout particulièrement bien la cybersécurité. Le jet permettrait à la Suisse de déterminer elle-même les données qu’elle veut échanger avec d’autres forces aériennes ou les données logistiques qu’elle veut renvoyer au constructeur. Le GSsA, le PS et les Verts avaient tout de suite indiqué qu’ils lanceraient une initiative contre cette acquisition. Ils ne remettent pas en question la décision populaire mais le choix de l’engin.