Sondage

Une application pour évaluer en direct la qualité des Transports publics lausannois

Deux chercheurs de l’EPFL ont créé une application permettant aux utilisateurs d’exprimer instantanément leur opinion

Fernando Simas et Dominic Villeneuve, deux chercheurs du Département de sociologie urbaine de l’EPFL, mettent le numérique à l’honneur en élaborant une nouvelle forme de sondages interactifs. Ils cherchent à mesurer la qualité des prestations des Transports publics lausannois à travers l’application «UrbyMe», que les voyageurs pourront tester d’ici à la fin de la semaine.

Instantanéité

Grâce au système de géolocalisation de leur smartphone, les usagers reçoivent durant leur trajet des questions sous forme de notifications. Au total, une trentaine d’interrogations regroupées sous plusieurs thématiques: confort, paiement, services clients, sécurité, météo.

Certaines questions présentent un nombre d’options définies («Etes-vous actuellement assis?»; «Est-ce que les sièges sont confortables?»), mais des questions ouvertes permettent également d’obtenir des informations plus précises («Pourquoi ne vous sentez-vous pas en sécurité sur le quai?»). Les données recueillies seront anonymisées, utilisées uniquement dans le but d’informer les transports publics sur la qualité de leurs services.

D’après les deux chercheurs, leur méthode présente plusieurs avantages en comparaison avec les sondages traditionnels: «Le fait que les voyageurs puissent se prononcer instantanément est une méthode plus rapide, qui permet également de réduire les coûts. Notre application favorise la précision: la puce GPS des smartphones répertorie précisément le temps de trajet des utilisateurs, évitant ainsi des estimations imprécises. Cette méthode instantanée permet également aux usagers de se souvenir de petits détails, qui auraient été omis si la question leur était posée a posteriori.»

Pas de contraintes

Ne court-on pas le risque de lasser les utilisateurs en leur envoyant des notifications régulièrement? Les deux spécialistes en mobilité ont anticipé cette éventualité: «Nous ne voulons pas décourager l’utilisateur, c’est pourquoi nous nous limitons à envoyer trois brèves questions toutes les trente heures. L’usager a toujours la possibilité d’ignorer la notification s’il ne souhaite pas y répondre.»

Si les résultats du test se révèlent concluants après un mois d’essai, l’application sera commercialisée. Les deux chercheurs ont pour ambition de l’étendre à d’autres villes et d’autres domaines, leur objectif final étant de généraliser «une méthodologie de recherche moderne et efficace, qui permet de saisir les besoins des citoyens».

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