Le chef de l’Office fédéral des Migrations (ODM) Alard du Bois-Reymond est à nouveau sous le feu de la critique après ses propos sur les requérants d’asile nigérians. Le CRAN demande lundi sa démission. Le principal intéressé réfute et affirme s’en tenir aux faits.

Pour le Carrefour de réflexion et d’action contre le racisme anti-noir (CRAN), M. Alard du Bois-Reymond «démontre dans ses propos récurrents que l’application du droit d’asile suisse, en ce qui concerne les Nigérians, repose avant tout sur des a prioris».

«S’agissant d’un haut fonctionnaire fédéral, on est devant une véritable xénophobie d’Etat, écrit le CRAN dans un communiqué lundi. Cette plateforme anti-raciste relève d’ailleurs que cette xénophobie concerne tous les ressortissants africains puisque le taux d’octroi de l’asile à leur égard ne dépasse que «très rarement le 1% en général».

Alors que l’ODM est impliqué dans la mort du jeune Nigérian le 18 mars lors de son renvoi forcé à Kloten et après les considérations «humiliantes et stigmatisantes» de son chef, le CRAN appelle à «la démission avec effet immédiat du directeur de l’ODM». Il exige également la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour traiter le cas du Nigérian décédé.

Critiques d’Amnesty International pas fondées

Amnesty International a également critiqué dimanche M. du Bois-Reymond pour qui la majorité des Nigérians ont des activités criminelles en Suisse, affirme AI.

Le directeur de l’ODM, interrogé par la RSR lundi matin, précise s’en tenir aux faits en se référant aux chiffres: 99,5% des demandes de requérants d’asile nigérians n’ont aucune chance d’aboutir. En 2009, sur 1700 demandes, une seule a été acceptée, a-t-il indiqué.

Interrogé sur le sort des jeunes Nigérians privés de toute perspective d’avenir dans leur pays, le nouveau directeur, qui a travaillé plusieurs années en Afrique comme délégué du CICR, n’y est pas indifférent. «J’ai de l’empathie pour ces jeunes qui viennent pour des raisons économiques en Suisse», a-t-il dit. Il serait favorable à des mesures d’aide sur place.

M. du Bois-Reymond défend la politique d’asile pratiquée en Suisse. «L’action humanitaire ne fonctionne que si on est strict dans l’application des règles», se justifie-t-il. La politique de réadmission est, selon lui, la seule qui fonctionne.