Justice

Une avocate belge, les millions de la bière et un procès haut en couleur à Genève

Conseillère de feu la vicomtesse Amicie Bailo de Spoelberch et de ses deux fils adoptifs, la prévenue est accusée d’avoir détourné des actions et blanchi son butin en Suisse. Cette dernière conteste l’origine criminelle de ce patrimoine

Une histoire belge occupe cette semaine les juges genevois. Ses ingrédients ont quelque chose de romanesque. Un empire brassicole, une fortune colossale, des montages financiers, des actions au parcours étrange, une famille déchirée, des héritiers à la dérive et une possible trahison. Sur le banc des prévenus, celle que ses proches prénomment Fara, avocate au Barreau luxembourgeois au moment des faits, conseil de feu la vicomtesse Amicie Bailo de Spoelberch, est accusée d’avoir spolié cette richissime famille et dissimulé le produit de son crime en utilisant la place financière suisse.

«J’ai bossé dur. Mon moteur, c’est mon travail.» Emue et combative à la fois, Fara, 57 ans, se compare «à une mouche prise dans une toile» maléfique. Elle se présente comme la victime d’une conspiration ourdie par des héritiers en proie à une guerre de succession, une incomprise qui n’aurait fait que recevoir ces titres en guise de paiement pour des honoraires promis à l’origine dans une convention désormais taxée de faux. Face aux juges, la prévenue persiste: «Je confirme la légitimité de mon patrimoine.»