Il est minuscule, mais son nom est particulièrement long et il provoque l’inquiétude au CHUV à Lausanne: «L’entérocoque résistant aux antibiotiques à large spectre» infeste en ce moment une partie du service de chirurgie du Centre hospitalier et universitaire vaudois, comme l’a appris «Le Temps» de source médicale.

Le CHUV a confirmé ces informations vendredi matin, dans un communiqué de presse. Six patients sont porteurs et 38 font actuellement l’objet d’investigations hebdomadaires. Comme il existe un risque de transmission, l’hôpital a mis en place des mesures d’isolement.

«Une situation gênante, mais pas inquiétante»

Présent dans le tube digestif, l’«entérocoque résistant à la Vancomycine» est habituellement peu pathogène. Mais il peut transmettre sa résistance à des bactéries dangereuses et provoquer des infections urinaires.

Le CHUV estime qu’il s’agit d’une «situation gênante, mais pas inquiétante». Elle touche les services de chirurgie viscérale et thoracique au 15e étage de l’hôpital.

«Un ralentissement des admissions est prévu», précise Giorgio Zanetti, du service de médecine préventive hospitalière. Mais celles-ci restent possibles et les nouveaux patients sont distillés dans le reste du service de chirurgie. Ceux qui n’ont pas besoin du plateau technique du CHUV seront transférés vers d’autres hôpitaux du canton.

C’est la même bactérie qui avait contraint au début du mois l’Hôpital intercantonal de la Broye (HIB) à ne plus admettre aucun patient dans son service de chirurgie. Le HIB avait dû en isoler certains et effectuer des dépistages systématiques. Au total, plus de 30 personnes en ont été porteuses. Le HIB a commencé à admettre à nouveau des patients ce mardi. Mais les mesures spéciales, comme le port de gants et de surblouses, y restent d’actualité.

Les cantons de Vaud et de Fribourg avaient signalé au début du mois qu’un patient y avait séjourné avant d’aller au CHUV à la fin de l’année dernière. Il avait ensuite développé une infection urinaire à entérocoque résistant. La propagation au CHUV se serait d’ailleurs produite via le HIB, selon nos informations.

Pas de danger pour la population

Dans le cas de Payerne, les médecins cantonaux vaudois et fribourgeois avaient souligné qu’«il n’y a pas de danger pour la population en général». Cette bactérie s’élimine naturellement, en un temps plus ou moins long. Au plan international toutefois, chaque apparition «entraîne des mesures drastiques de contrôle» pour éviter toute propagation.

Selon les fiches techniques «Pathologies et micro-organismes» du CHUV, l’entérocoque résistant à la vancomycine se transmet par contact direct entre les patients, par l’intermédiaire du personnel (mains) et par contact indirect via des objets contaminés, tels que des instruments de soins et les affaires personnelles des malades. La période d’incubation est variable. L’isolement peut être levé «lorsque trois analyses microbiologiques successives (espacées d’au moins 7 jours) sont négatives».

Les entérocoques se présentent habituellement sous forme de chaînette. Dans l’eau potable, ils permettent d’indiquer une contamination fécale.