Le 28 septembre dernier, l’initiative «Pour une caisse publique d’assurance-maladie» était sèchement refusée par 61,8% des votants. La votation a été «dominée par une opposition classique gauche-droite», confirme l’analyse Vox co-réalisée par l’Institut bernois de recherche Gfs et l’Institut de sciences politiques de l’Université de Berne. En revanche, s’agissant du net rejet de l’initiative sur la TVA dans la restauration, les positions partisanes n’ont guère joué de rôle.

Pour la caisse publique, ce sont les sympathisants du PS et des Verts qui «se sont majoritairement prononcés en faveur d’une modification du système de caisse maladie», ceci à 66 et 69%. De leur côté, les partisans du PLR (22%) et de l’UDC (18%) l’ont très nettement rejetée.

«Ce résultat reflète essentiellement la position des votants par rapport au rôle de l’Etat: les personnes qui donnent la préférence à un Etat fort se sont exprimées majoritairement (55%) pour la caisse publique, alors que les partisans d’une dérégulation du marché ont voté nettement contre cet objet. Comme ces derniers sont numériquement nettement majoritaires, l’initiative a été rejetée», démontre l’analyse de la votation.

Concernant le profil des votants, l’identité régionale a fortement joué: les Romands se sont montrés largement plus favorables à l’initiative, les Italophones un peu moins et les Alémaniques se sont prononcés nettement contre la proposition. Le montant des primes d’assurance-maladie a également eu un fort impact sur le vote: plus la prime moyenne d’un canton était élevée, plus la part de oui à la caisse unique a été importante. Les caractéristiques de genre et d’âge n’ont en revanche guère eu d’influence.

Décision plutôt simple

Parmi les votants, les uns et les autres ont considéré la décision à prendre comme plutôt «facile»: «Une majorité d’entre eux savaient déjà très tôt ce qu’ils voteraient», soulignent les auteurs de l’analyse Vox. «L’introduction d’une caisse publique d’assurance-maladie a été rejetée parce que les votants ne croyaient pas que le nouveau système serait en mesure d’abaisser les primes des caisses maladies.» L’insatisfaction concernant le système actuel a également été mentionnée comme motif du choix par les 32% des partisans de l’initiative. En revanche, les opposants au texte qui, «dans leur grande majorité, ne croyaient pas à un effet modérateur de la caisse publique sur les primes, relevaient essentiellement les conséquences négatives d’une telle caisse, évoquant avant tout l’absence de concurrence, la perte du libre choix et leur malaise par rapport à une intervention accrue de l’Etat dans le secteur de la santé.»

Au final, soulignent les analystes, «l’initiative pour une caisse publique d’assurance-maladie a été rejetée suite à une pesée rationnelle des conséquences incertaines de cet objet, une baisse des primes jugée improbable et un système actuel acceptable pour la majorité.»

Le second objet soumis au vote le 28 septembre, l’initiative «Stop à la TVA discriminatoire pour la restauration!» a pour sa part essuyé un revers cinglant avec 71,5% de non. La principale raison du refus «réside dans les réserves émises (par les votants) quant aux conséquences possibles de cette initiative».

L’analyse repose sur un sondage effectué par Gfs en l’espace de douze jours après la votation. L’enquête a été réalisée par téléphone depuis le domicile de 103 enquêteurs.