L'interpellation cauchemardesque que décrivait une ressortissante camerounaise, embarquée au poste de police avec son bébé de 5 semaines pour une affaire de billet de tram, n'est que pure invention. C'est ce que dit sans nuance aucune le jugement rendu jeudi par le Tribunal de police de Genève. Reconnue coupable de dénonciation calomnieuse, la jeune maman a été condamnée à un mois de prison avec sursis. Elle devra aussi payer 2000 francs à chacun des cinq policiers partie civile.

Le Tribunal se dit convaincu que le récit de l'accusée ne reflète aucunement la réalité. Celle qui a opté pour le surnom de Myriam avait déclaré avoir été emmenée de force, frappée, menottée, fouillée, menacée et insultée. Elle avait aussi assuré que son bébé était en danger lors de ces événements.

Fort peu crédible, soulignent les juges, qui optent pour une autre analyse. Celle d'une femme prise en flagrant délit de resquille qui a tenté de se soustraire au contrôle des agents des TPG et qui a persisté dans son attitude lors de l'arrivée de la police. Présentant un état d'agitation sans proportion eu égard au contrôle qu'elle subissait, elle s'est ensuite trouvée prise dans un engrenage et a porté plainte tout en médiatisant son affaire.

«Elle a monté de toutes pièces une histoire d'interpellation mouvementée par des gendarmes violents et racistes, irresponsables au point de mettre en danger la vie d'un bébé», souligne la décision.

A décharge, les juges soulignent que son récent accouchement l'avait mise dans un état émotif particulier jusqu'à la faire paniquer et vivre très douloureusement ce qui n'aurait dû être qu'une simple mise à l'amende. La défense a déjà annoncé son intention de faire appel.