Formation 

Une campagne controversée pour l’égalité

Des affiches aux allures provocantes n’étaient qu’un leurre pour faire réfléchir sur la place des femmes dans l’ingénierie

«Hello les filles, envie de vous faire des sous en faisant les devoirs de maths des garçons?» Les passants interpellés par de drôles d’affiches dans les gares de Lausanne, Zurich ou Berne ont exprimé ces derniers jours sur les réseaux sociaux leur étonnement. Ce message, dont l’émetteur restait inconnu, fait-il preuve d’un sexisme assumé ou d’un féminisme maladroit?

Le mystère a finalement éclaté cette semaine. Les affiches aux allures provocantes n’étaient qu’un leurre de l’USIC (l’Union suisse des sociétés d’ingénieurs de conseil), invitant à une réflexion sur la place des femmes dans l’ingénierie, en prévision de la Journée des ingénieures et des ingénieurs, le 15 mars prochain.

Le site Math Dealer qui proposait aux filles de gagner de l’argent grâce à leurs compétences scientifiques a depuis arrêté de proposer ses forfaits. La page d’accueil promet de répondre à tous les inscrits. Lea Kusano, responsable communication chez USIC, se félicite de cette campagne, qui selon elle a mieux marché en Suisse romande qu’en Suisse alémanique.

Une campagne controversée

On constate néanmoins sur Twitter, où cette campagne a beaucoup été commentée, que la majorité des réactions contestent la pertinence de la démarche, qui coïncidait avec la Journée internationale des droits des femmes. Nombre d’internautes y voient un encouragement au modèle de filles soumises au travail ingrat tandis que les garçons qui les paient se prélassent.

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Mais au fond, les filles sont-elles vraiment moins fortes en maths que les garçons? «Malheureusement, en mathématiques règne toujours un déséquilibre entre les sexes et cela commence très tôt», constate Lea Kusano. Dans ce domaine, les adultes ont tendance à surestimer les garçons, et à sous-estimer les filles. Vers 10 ans, elles vont se désintéresser et obtenir de moins bons résultats. Plus tard, les écarts se creusent dans le choix des professions. Et dans les lauriers: une seule femme, Maryam Mirzakhani, a décroché la médaille Fields, le Nobel des maths, à ce jour.

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