«Une campagne à la limite de la malhonnêteté»

Elle y est allée fort, l’USAM. Si bien qu’indépendamment du résultat de la votation, c’est surtout la campagne que l’Union suisse des arts et métiers (USAM) a menée contre la loi sur la radio et la télévision qui restera dans les esprits. A l’appui de ses propos, un tous-ménages et une illustration: une main coincée dans une trappe Billag. L’UDC a habitué le citoyen à ce style, beaucoup moins l’organisation de défense des PME.

Virulence

Et il y a eu le ton et les arguments, d’une virulence rare, plus spécialement en Suisse alémanique. Ces dernières semaines, il a été question de beaucoup de choses étrangères à la LRTV. Les opposants ont critiqué le salaire de Roger de Weck, directeur de la SSR. Ils ont porté le débat sur la définition du service public, la pertinence de certaines émissions. Ils ont aussi brandi le spectre d’une future redevance à 1000 francs suisses et évoqué un nouvel impôt, passant sous silence le fait que la taxe serait réduite pour les citoyens et ne concernerait qu’une minorité d’entreprises. Une stratégie assumée. «On mène une campagne pour la gagner. Et pour la gagner, il faut trouver le plus de raisons de voter non et réunir sous le même toit tous ceux qui portent ces arguments», résume le conseiller national Jean-François Rime (UDC/FR), président de l’USAM.

De quoi secouer les partisans de la LRTV. Yannick Buttet (PDC/VS) parle d’une campagne à la limite de la malhonnêteté. Pour le Valaisan, deux hommes ont instrumentalisé cette votation pour se profiler politiquement: Jean-François Rime et Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’USAM, qui souhaiterait également accéder au Conseil national. «Ce qui signifie pour moi que l’USAM, en se laissant faire, a perdu de sa crédibilité», dit Yannick Buttet. Pour Dominique de Buman, vice-président du PDC, «qu’une campagne soit à ce point personnalisée et sournoise n’est pas acceptable». Pour le Parti socialiste aussi, «les mensonges et polémiques qui ont jalonné la campagne menée par l’USAM sont sans précédent».

Jean-François Rime balaie ces reproches d’un revers de main: «Jusqu’à la publication du premier sondage, on s’est moqué de ce référendum. On a dit que l’USAM allait dépenser de l’argent pour rien. Et puis tout le monde est devenu très nerveux. Mais quand la critique vient de ceux qui ne s’engagent pas dans leur propre campagne, elle ne me touche pas vraiment», lance le conseiller national UDC, déçu du résultat. «Dès le départ, on nous donnait perdants. Alors ce qui m’énerve aujourd’hui, ce n’est pas d’avoir perdu, mais d’avoir perdu de si peu.»