Créée le 23 avril 2012 en réponse à la hausse de la délinquance à Genève, la Brigade anti-criminalité (BAC) a déjà 109 arrestations à son actif, ont annoncé mercredi les responsables de la police genevoise. Les infractions à la Loi sur les étrangers comptent pour près de la moitié des motifs d’arrestations. Suivent les vols et les infractions à la Loi sur les stupéfiants.

Forte de 18 hommes issus de la gendarmerie et de la police judiciaire, la BAC est basée dans le quartier chaud des Pâquis mais peut intervenir sur tout le territoire du canton. Ce contingent permet d’avoir «au moins huit personnes par jour sur le terrain, y compris le week-end», assure Olivier Huber, chef de la nouvelle brigade. Et ce, sept jours sur sept. La mission prioritaire de la BAC? «La délinquance de rue, les vols à la tire et à l’astuce ainsi que les agression, répond Mario Chevalier, sous-chef de l’Etat major en charge des opérations. C’est avant tout du travail de flagrant délit.» Les auteurs de vols «proviennent essentiellement du Maghreb ou de Roumanie», précise Olivier Huber. Selon lui, la création de la BAC n’est pas passée inaperçue auprès des délinquants: «Certains retours du terrain montrent qu’on en parle dans le milieu et qu’on commence à nous reconnaître.»

Sur le plan opérationnel, «nous avons mis en place un réseau de renseignement intégré, qui regroupe l’ensemble des policiers, policiers municipaux, ilôtiers ou gardes-frontières qui nous signalent les problèmes», poursuit Mario Chevalier. Une «cellule d’identification» a également été mise sur pied, «en collaboration avec l’unité migrations de la police de sécurité internationale», ajoute-t-il. Objectif: mettre un nom sur les délinquants multirécidivistes interpellés, qui sont le plus souvent dépourvus de papiers d’identité. En l’espace d’un mois, 12 personnes ont ainsi pu être formellement identifiée. Mais, déplore la police, ce travail d’identification et compliqué par «un manque de collaboration des personnes entendues, un manque de coopération des pays concernés et par la difficulté à retrouver des documents d’identité».

Combinées avec l’absence d’accords de réadmission avec des pays comme l’Algérie ou la Tunisie et la pénurie de places de détention administrative, les difficultés d’identification des fauteurs de troubles contraignent souvent les autorités à les relâcher rapidement dans la rue. Pourtant, insiste Mario Chevalier, «l’objectif principal reste le refoulement de ces personnes vers leur pays d’origine».

Reste que pour a cheffe de la police genevoise, Monica Bonfanti, la BAC est déjà un succès: «A mon avis, nous sommes dans les objectifs. La police doit sans cesse s’adapter, c’est d’ailleurs pour cela que nous annoncerons bientôt une réorganisation de la police judiciaire. Mais la BAC est une réponse, complémentaire avec les les autres services de police.» Alors que la police estime toujours à 300 ou 400 personnes le nombre de délinquants multirécidivistes étrangers que l’on ne peut pas refouler, peut-on vraiment se satisfaire de ces 109 arrestations et 12 identifications? «Je ne veux pas juger sur les chiffres, répond Monica Bonfanti. Derrière, il y a autre chose. L’important, c’est d’avoir mis en place un groupe qui peut intervenir à la fois sur la prévention, sur la dissuasion et sur la répression. Et c’est le cas de la BAC.»

Cet été, la BAC sera particulièrement mise à contribution en marge de grands événements comme la Fête de la musique, Festifoot (pendant la durée de l’Euro 2012), la Lake Parade ou encore les Fêtes et Pré-fêtes de Genève.