genève

Une centaine d’arrestations en un mois pour la BAC

Basée aux Pâquis, la brigade anticriminalité cible les vols et les agressions

Créée il y a un mois en réponse à la hausse de la délinquance à Genève, la Brigade anticriminalité (BAC) a déjà 109 arrestations et quelque 230 contrôles à son actif, ont annoncé mercredi les responsables de la police genevoise, lors d’un premier bilan devant la presse. Les infractions à la Loi sur les étrangers comptent pour près de la moitié des motifs d’arrestations (67 cas sur 137). Suivent les vols (44) et les infractions à la Loi sur les stupéfiants (13).

Forte de 18 hommes issus de la gendarmerie et de la police judiciaire, la BAC est basée au poste de police des Pâquis, quartier chaud s’il en est, mais peut intervenir sur tout le territoire du canton. Ce contingent permet d’avoir «au moins huit personnes par jour sur le terrain, y compris le week-end», assure Olivier Huber, chef de la nouvelle brigade. Et ce, sept jours sur sept. La mission prioritaire de la BAC? «La délinquance de rue, les vols à la tire et à l’astuce ainsi que les agressions, répond Mario Chevalier, sous-chef de l’état-major chargé des opérations. C’est surtout du travail de flagrant délit.» Les auteurs de vols «proviennent essentiellement du Maghreb ou de Roumanie», précise Olivier Huber.

«On en parle dans le milieu»

Selon lui, la création de la BAC n’est pas passée inaperçue auprès des délinquants: «Certains retours du terrain montrent qu’on en parle dans le milieu et qu’on commence à nous reconnaître.» C’est précisément dans cette optique, tablant sur la renommée de la BAC française crée en 1994, que les autorités genevoises ont choisi de donner le même nom à cette nouvelle unité.

Sur le plan opérationnel, «nous avons mis en place un réseau de renseignement intégré, qui regroupe l’ensemble des policiers, agents municipaux, ou gardes-frontière qui nous signalent les problèmes», poursuit Mario Chevalier. Une «cellule d’identification» a également été mise sur pied, «en collaboration avec l’unité migrations de la police de sécurité internationale», ajoute-t-il. Objectif: mettre un nom sur les délinquants multirécidivistes interpellés, qui sont le plus souvent dépourvus de papiers d’identité. En l’espace d’un mois, 12 personnes ont ainsi pu être identifiées. Mais, déplore la police, ce travail d’identification est compliqué par «un manque de collaboration des personnes entendues, un manque de coopération des pays concernés et par la difficulté à retrouver des documents d’identité».

Combinées avec l’absence d’accords de réadmission entre la Suisse et des pays comme l’Algérie ou la Tunisie et la pénurie de places de détention administrative, les difficultés d’identification des fauteurs de troubles contraignent souvent les autorités à les relâcher rapidement. Pourtant, insiste Mario Chevalier, «l’objectif principal est le refoulement de ces personnes vers leur pays d’origine».

Reste que pour la cheffe de la police genevoise, Monica Bonfanti, la BAC est déjà un succès: «Nous sommes dans les objectifs. La police doit sans cesse s’adapter, c’est d’ailleurs pour cela que nous annoncerons bientôt une réorganisation de la police judiciaire. Mais la BAC est une réponse, complémentaire aux autres services et opérations de police.»

Alors que la police estime toujours à 300 ou 400 personnes le nombre de délinquants multirécidivistes étrangers que l’on ne peut pas refouler, peut-on vraiment se satisfaire de ces 109 arrestations et 12 identifications? «Je ne veux pas juger sur les chiffres, répond Monica Bonfanti. L’important, c’est d’avoir mis en place un groupe qui peut intervenir à la fois sur la prévention, sur la dissuasion et sur la répression. Et c’est le cas de la BAC.»

Cet été, la brigade sera particulièrement mise à contribution en marge de grands événements comme la Fête de la musique, Festifoot (pendant la durée de l’Euro 2012), la Lake Parade ou encore les Fêtes et pré-fêtes de Genève.

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