La chaîne de télévision kurde Med-TV est étroitement surveillée par les autorités suisses et anglaises. Après les violences suscitées en début de semaine par l'arrestation du leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, le chef de la police fédérale, Urs von Däniken, a recommandé mercredi aux fournisseurs de téléréseaux en Suisse de ne pas diffuser ces émissions. Med-TV aurait proposé ces derniers jours des émissions incitant à l'insurrection, notamment par la voix du frère du dirigeant du PKK. Le rapport sur la protection de l'Etat de 1997 indiquait déjà que le PKK utilisait Med-TV dans des buts de propagande. Pour l'heure, seuls les deux demi-cantons de Bâle relayent ce programme depuis le début du mois de janvier. Lausanne et Genève projettent de le fournir d'ici à la fin de l'année. La Turquie fait pression pour limiter l'accès à ces émissions, mais les responsables du réseau bâlois n'ont pas l'intention d'intervenir pour l'heure.

Med-TV est beaucoup plus largement diffusée sur toute l'Europe et le Moyen-Orient, via satellite, depuis la Grande-Bretagne. Selon la Convention européenne sur la télévision transfrontière du Conseil de l'Europe, signée par la Suisse, seul le pays de diffusion est en mesure d'intervenir sur les programmes d'une chaîne si elle ne respecte pas la «dignité humaine».

L'Office fédéral de la communication (OFCOM) est ainsi intervenu à son tour, mercredi toujours, auprès de la Commission indépendante de la télévision (ITC) en Grande-Bretagne pour qu'elle surveille Med-TV. Il s'avère que la chaîne kurde à déjà été condamnée à 90 000 livres sterling d'amende pour violation du principe d'impartialité en novembre dernier. Si une nouvelle violation de la convention devait avoir lieu d'ici le mois de mai, sa licence lui serait retirée.