Après le retrait du président du PRD Rolf Schweiger vendredi, les présidents des partis se demandent si cette fonction peut être accomplie à temps partiel. Le socialiste Hans-Jürg Fehr défend la professionnalisation tandis qu'Ueli Maurer y est hostile. La fonction de président de parti est devenue beaucoup plus exigeante ces dernières années, estime le politologue Andreas Ladner. «Les présidents de parti sont exposés en permanence et doivent s'exprimer et prendre position sur tous les thèmes possibles», a-t-il déclaré dans une interview publiée samedi dans le Tages-Anzeiger.

Dépendance financière?

Le système de milice arrive à ses limites. Cela devient difficile, voire intenable de diriger un parti et, à côté, une entreprise ou un bureau d'avocats. Mais professionnaliser la tâche de président ne résout pas tous les problèmes. L'absence de financement des partis par l'Etat est une des difficultés, souligne Andreas Ladner. La plupart des partis ne pourraient d'ailleurs pas se payer un président à plein temps.

Hans-Jürg Fehr défend aussi un financement des partis par l'Etat, a-t-il déclaré à l'ATS. Le Schaffhousois est d'ailleurs un politicien professionnel. Président du PS et conseiller national, il n'exerce plus d'autre activité à côté. Il ne pourrait d'ailleurs pas se l'imaginer, a-t-il déclaré. Avec une professionnalisation de la fonction, personne n'y renoncerait pour des raisons financières, a-t-il souligné. Le salaire doit aussi être adapté à la fonction. Il reçoit un salaire de 50 000 francs par année et 20 000 francs pour les frais, le tout versé par le Parti socialiste.

A l'inverse, Ueli Maurer, le président de l'UDC, trouve la professionnalisation de la fonction dangereuse. Se séparer d'un président sera plus difficile pour un parti, si celui-ci est tributaire de cette fonction pour vivre. La dépendance financière limite aussi la marge de manœuvre du président.

70 heures par semaine

En ce qui le concerne, Ueli Maurer privilégie sa fonction de président en s'investissant moins dans son activité de conseiller national. Il ne siège que dans une seule commission. Il ne reçoit pas de salaire de l'UDC, mais celle-ci le défraie pour tous ses frais.

De son côté, l'ancien président du Parti radical Gerold Bührer qui n'était resté en fonction que vingt mois (entre avril 2001 et novembre 2002), ne juge pas la charge de président insurmontable. Il évalue son investissement à titre de président de parti et de parlementaire à 60%, mais pour lui un temps plein équivaut à 70 heures par semaine.