Versement

Une commission clôt l'affaire du don à l'Initiative Clinton

Les 484 000 versés par la DDC pour un projet au Liberia était conforme aux directives, constate le Conseil fédéral

Le versement de 484 000 francs par la Direction du développement et de la coopération (DDC) suisse à la Clinton Health Access Initiative (CHAI) en 2011 était conforme aux directives en vigueur. Elle n’avait pas pour but d’obtenir de Hillary Clinton une contre-partie quelconque dans le cadre du différend qui opposait la Suisse et les Etats-Unis à propos de la transmission de renseignements bancaires de ressortissants américains. C’est la conclusion à laquelle est parvenue la Commission de politique extérieure (CPE) du Conseil national, qui s’est penchée sur cette affaire lundi et mardi à Genève.

«La commission a acquis la conviction que cet argent n’a pas été utilisé de manière incorrecte», certifie son président, Roland Rino Büchel (UDC/TG). Il ajoute: «Les explications de Didier Burkhalter ont été convaincantes.» Néanmoins, les représentants de son parti ont tenté de transmettre le dossier à la Délégation parlementaire des finances pour enquête. Mais la demande, consistant à envoyer une lettre à la DélFin, a été rejetée par 16 voix contre 8, toutes UDC.

Rappel des faits. Voici dix jours, «Schweiz am Sonntag» révélait l’existence de ce versement, laissant entendre qu’il pourrait avoir un lien avec les démêlés des banques suisses aux Etats-Unis. Le journal rappelait que Micheline Calmy-Rey et Hillary Clinton, alors toutes deux à la tête des Affaires étrangères de leur pays, entretenaient de bonnes relations.

«Cela aurait été de la corruption»

Devant la CPE, Didier Burkhalter a expliqué que l’idée de cette contribution était venue du responsable régional Afrique de la DDC en charge des questions de santé. Il s’agissait de soutenir un programme de lutte contre la mortalité infantile et maternelle au Liberia. Ce projet était piloté par la CHAI, qui est une émanation de la Fondation créée par la famille Clinton. «Certains membres de la commission jugent délicat que la personne en charge des pays du sud puisse prendre une telle décision. Elle aurait dû être prise à un niveau plus élevé», relève Roland Büchel. Selon le DFAE, la décision de soutenir ce programme a pourtant bien été communiquée aux étages supérieurs du département.

«Il faut cependant souligner que la CHAI a reçu beaucoup plus d’argent de la part d’autres pays, parfois plus de 10 à 20 millions de la part d’Etats tels que la Norvège, la Suède ou l’Irlande», poursuit Roland Büchel. «Je suis satisfait des explications de Didier Burkhalter. Il fallait clarifier cette affaire. Si ce versement avait été conditionné au soutien de Hillary Clinton pour un autre objectif, cela aurait été de la corruption», commente Carlo Sommaruga (PS/GE).

Didier Burkhalter a affirmé que, du point de vue du Conseil fédéral, il n’y avait eu aucun conflit d’intérêts. Une partie de la commission reste cependant d’avis que le soutien de projets «proches d’une personne politiquement exposée» est problématique. Mais la CPE n’entreprendra aucune autre démarche. Le président de la Commission de gestion, Alfred Heer, lui aussi membre de l’UDC, n’exclut toutefois pas d’inscrire le cas à l’ordre du jour d’une prochaine séance. «Si elle souhaite mettre le nez dans ce dossier, nous sommes à sa disposition», annonce Carlo Sommaruga.

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