Les forains le constatent unanimement: «Les jeunes veulent du neuf, et toujours plus de sensations.» Les créateurs de manèges obéissent, et construisent toujours plus fou. De quoi s'interroger: n'approche-t-on pas la frontière de ce qu'un individu normalement constitué peut encaisser, dans un contexte qui reste celui de la fête, et du plaisir?

«On en est loin», répond Walter Bolliger, dont l'entreprise – Bolliger & Mabillard à Monthey – crée de renversants «grands huit» (nommés «coasters») pour les parcs d'attractions fixes américains et européens. Il rappelle que la tolérance admise, et notamment fixée par le test d'expertise allemand (TÜV), est de 6 G, c'est-à-dire 6 fois la valeur de l'attraction terrestre. «Cela peut sembler beaucoup, mais 99% des gens supportent cette valeur sans aucun désagrément, et 4 à 5 G restent confortables pour tous. Lors d'un accident, note l'ingénieur, des accélérations de 40 G sont très courantes, et subies sans problème.»

Nouvelles combinaisons de mouvements

Surtout, cette valeur de 6 G ne concerne que les accélérations verticales. Bien plus désagréables, les accélérations latérales sont limitées à 2 G, alors que celles subies la tête en bas ne dépassent pas 0,8 G. «Un paramètre en tout cas aussi important, poursuit l'ingénieur, est le temps durant lequel ces accélérations sont subies.» Lui-même estime que les concepteurs n'ont tout simplement pas à craindre de se rapprocher d'un mur physiologique infranchissable, tant les combinaisons de mouvement différents offrent encore de possibilités. Lesquelles? L'avenir est décrété «secret d'entreprise». «Mais vitesse et douceur ne sont pas incompatibles, c'est là-dessus que nous travaillons le plus.»

L. B.