Le suspense a duré jusqu’en fin d’après-midi. C’est finalement un «oui» très faible qui est sorti des urnes bernoises, à 51,2%. Le soutien au nucléaire ne s’est imposé que pour 9000 voix sur 365 000 exprimées: 188 193 avis favorables, 179 279 votes contre. La ministre socialiste de l’Energie, Barbara Egger-Jenzer, qui recommandait le «non», prend acte, mais note qu’il s’agit d’un avantage «très étroit».

La participation a été élevée: 51,7%, ce qui constitue une mobilisation importante dans le canton de berne.

Le vote en faveur d’une nouvelle centrale à Mühleberg est surtout venu des régions rurales alémaniques. Le «oui» ne l’a emporté que pour 95 voix dans le Jura bernois (7876-7781). Les agglomérations de Bienne et de Berne, à majorité de gauche, s’y sont opposées: 53,3% de non à Bienne, 53,1% de rejet à Berne-Mittelland.

Ce scrutin met les Forces motrices bernoises, promoteurs du renouvellement de Mühleberg, dans l’embarras. Certes, une majorité de Bernois reste acquise au nucléaire. Mais, comme le relève le président des Verts, Blaise Kropf, «cette majorité était de 67,5% en 2003 et elle est tombée à moins de 52% en 2011. Chaque année qui passera verra la résistance au nucléaire s’accroître».

Le scrutin bernois n’était que consultatif. Il devait trancher l’opposition entre le gouvernement cantonal, opposé au nucléaire, et le Grand Conseil, favorable. Ainsi, le canton de Berne expliquera à la Confédération, qui consulte les cantons, qu’il est favorable à la réalisation d’une nouvelle centrale sur son territoire. Mais, comme l’a noté Barbara Egger-Jenzer, «le dernier mot reviendra au peuple suisse, d’ici deux à trois ans».