Le renforcement des digues du Rhône à Sion est prioritaire. Le canton du Valais veut engager d’importants travaux de renforcement dès cet automne. Un mur d’acier sur plus d’un kilomètre doit être enfoncé dans la digue actuelle devenue trop fragile.

Au sud du fleuve, la digue culmine à deux mètres au-dessus des habitations. Une rupture de digue mettrait directement en danger plus de 3000 habitants. Cette forte densité de population nécessite des mesures urgentes, a déclaré mardi le chef du département cantonal de l’équipement Jacques Melly.

Les travaux projetés font partie des mesures anticipées prévues dans le cadre de la 3e correction du Rhône. Ils sont devisés à quelque 4,5 millions de francs et doivent s’étaler sur huit mois. Une paroi métallique blindée de 11’000 mètres carrés sera implantée dans la digue sur une longueur de 1,5 kilomètre.

Les digues dans ce secteur sont vieilles, elles ont déjà 150 ans et sont devenues fragiles. En fait elles se comportent un peu comme un morceau de sucre, solide lorsqu’il est sec il devient friable une fois mouillé, explique Tony Arborino, responsable du projet.

Le renforcement prévu n’empêchera pas la réalisation de projets d’intégration du fleuve dans la ville. Des étudiants de l’école polytechnique fédérale de Zurich ont proposé différentes idées sur le thème de Sion sur Rhône. C’est l’occasion de repenser le territoire, estime le président de la commune Marcel Maurer.

Ces idées vont faire l’objet d’études plus poussées par des architectes associés à des ingénieurs. Certains de ces projets pourront peut-être se réaliser comme la création d’un quai ou d’un deuxième lit du fleuve pour créer une île.

Ces idées ont fait l’objet d’une exposition qui a eu un fort impact sur la population sédunoise, précise M. Maurer. Mais toutes ne sont pas nouvelles. Des projets d’intégration du fleuve dans la ville avaient déjà été proposés dans les années cinquante.

Prévus sur huit mois, ces travaux sont mis à l’enquête cette semaine, a dit M. Melly. Ils font partie d’une série de mesures anticipées dans des zones à forte densité de population. Le Grand Conseil a voté un crédit de 53 millions de francs pour l’ensemble de ces mesures prioritaires.

Les mesures anticipées sont totalement intégrées à la 3e correction du Rhône, dont le plan d’aménagement global n’est pas encore validé. L’objectif général de l’ensemble du projet est d’assurer la sécurité de la population en cas de crue. Pour M. Melly, c’est aussi l’occasion de repenser la plaine du Rhône et redonner au fleuve la place qui lui revient.