Les délégués ont approuvé massivement (350 voix contre 15) la révision des statuts proposée par le président Toni Brunner et défendue avec autorité par Christoph Mörgeli, dont l'objectif est de prononcer l'exclusion immédiate d'un membre de l'UDC qui accepterait d'être élu au Conseil fédéral contre la volonté du groupe parlementaire. Les rares réserves émises à propos de la validité juridique et du côté peu démocratique de cette clause ont été ignorées. Cette «lex Widmer-Schlumpf», qu'on peut aussi qualifier de «lex Zuppiger», en référence au conseiller national à qui la tête du parti veut barrer la route, sera en vigueur lorsque Samuel Schmid se retirera. Mais une nouvelle candidature de Christoph Blocher paraît peu probable. Le président argovien. Thomas Lüpold, a d'ailleurs invité l'UDC à présenter des «candidats qui ont de réelles chances d'être élus».

Trois non et deux oui

L'assemblée a tout aussi massivement approuvé un document qui définit la mission de l'armée telle que la conçoit l'UDC. Défendu par le divisionnaire en retraite Hans Bachofner, ce texte insiste sur la défense stricte du pays et de la population. Il invite à tenir compte de la «menace actuelle», qui met plus l'accent sur l'intervention russe en Géorgie que sur les risques terroristes de l'après-11 septembre 2001. A aucun moment, le rejet du programme d'armement n'a été évoqué. L'UDC, qui a contribué à cet échec dans le but de faire partir Samuel Schmid, lourdement critiqué samedi, exige pourtant une armée bien équipée.

L'UDC a encore pris position pour le scrutin du 30 novembre. C'est non à l'initiative sur le cannabis, à la loi sur les stupéfiants et à l'initiative sur la retraite à la carte, mais c'est oui à l'initiative sur le droit de recours et à celle sur l'imprescriptibilité des actes de pédophilie.