Des vitres brisées, du matériel informatique volé, des meubles cassés et balancés dans tous les sens. Un délit malheureusement trop banal. Mais les vandales qui ont saccagé ce week-end à Genève les locaux d'un jardin d'enfant et d'une association sportive juives sont allés plus loin. Au stylo feutre et d'une écriture enfantine, ils ont apposé sur la porte d'entrée un graffiti très explicite: «Fuck les Juifs». La police est venue constater les dégâts lundi et enregistrer la plainte, mais il est peu probable que les auteurs ne soient jamais retrouvés.

Genève n'a connu ces dernières années qu'un très petit nombre d'actes antisémites. Quelques graffitis injurieux, quelques vitres cassées, mais rien de comparable à la situation en France. Les déprédations de ce week-end, toutes proportions gardées, sont les plus importantes depuis longtemps. La Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation s'en est donc inquiétée et a envoyé à la presse un communiqué dénonçant les faits. «C'est un acte grave, affirme son secrétaire général, Johanne Gurfinkiel. On a stigmatisé une population, a fortiori dans un endroit fréquenté par des enfants. Cela va bien au-delà du vandalisme.» Pour le responsable de l'école, il faut au contraire ne pas monter cette affaire en épingle. «Il n'y a aucune raison de s'inquiéter, a simplement commenté le responsable du jardin d'enfant. Sur un mur, il y avait aussi un graffiti qui disait «Nique la police». Ce ne sont que des petits malfrats. C'est sans signification.»

Deux attitudes contrastées qui reflètent la divergence d'opinion au sein de la communauté juive sur les réactions à avoir face à ce type d'actes antisémites. Sabine Simkhovitch Dreyfuss, présidente de la Communauté israélite genevoise, a clairement évalué les priorités. «Il faut d'abord élucider cette affaire pour connaître les motivations des auteurs. Il est rare en effet d'avoir du même coup un vol et un acte purement antisémite. Ne tirons donc pas de conclusions hâtives. Pour le reste, il est évident que nous trouvons inacceptable ce genre de slogan, d'autant plus que des enfants sont impliqués. Nous le condamnons et le combattons. Ensuite, c'est aux autorités genevoises et à la police de faire toute la lumière sur cette affaire.»