L'école unique, ou plutôt l'espace scolaire unique. En s'emparant de cette thématique fondamentale, avec l'ambition de l'arracher au cloisonnement cantonal qui explique selon lui ses performances médiocres à l'échelle internationale, le Parti radical suisse a fait sensation (LT des 18 et 19.10.2004). Il doit maintenant démontrer sa capacité de réflexion et d'action. Premier test ce samedi, à Martigny, lors d'une assemblée des délégués entièrement consacrée à la formation et à la recherche. Les radicaux sont encore loin d'être prêts à adopter le texte d'une initiative populaire, mais il est prévu que les délégués prennent position, à travers une résolution, sur trois points qui présentent, selon le parti, le plus fort besoin d'harmonisation.

La Bernoise Christa Markwalder, qui a donné son visage à l'offensive radicale sur l'école, animera un forum sur l'abaissement de l'âge du début de la scolarité au nom de l'excellence. Le Genevois François Longchamp animera un forum sur les notes, en proposant de rétablir celles-ci comme le meilleur moyen de comparaison entre les élèves, les écoles et les enseignants. La Tessinoise Laura Sadis plaidera pour l'apprentissage précoce des langues étrangères, mais en donnant la priorité à l'autre langue nationale. Si cette position est admise, les radicaux suisses s'écarteraient de la ligne suivie à Zurich et en Suisse centrale.

Moins qu'une confrontation avec les responsables cantonaux de l'Instruction publique, dont certains leur ont déjà reproché d'enfoncer des portes ouvertes, les radicaux de l'école unique affirment vouloir donner un coup de fouet aux trop petits pas de l'harmonisation. «Les recommandations de la CDIP sont une chose, mais, sur le terrain, cela ne suit pas», note Sébastien Leprat, secrétaire politique du PRD.