L’église orthodoxe russe de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu, à Chêne-Bougeries, a été vandalisée vendredi tôt dans la matinée, révèle ce samedi l’ambassade de Russie à Berne. «Aux premières heures d’aujourd’hui, des voyous non identifiés ont commis un acte de vandalisme en éclaboussant de peinture l’entrée de l’église de la Nativité de la Sainte Vierge à Genève, qui est une paroisse de l’Eglise orthodoxe russe», indique le message publié sur le site internet de l’ambassade, traduit par Keystone-ATS.

Contacté par Le Temps, le père Michel Goundaiev, archiprêtre de la paroisse de Chêne-Bougeries, explique qu’il ne s’agit pas simplement d’éclaboussures, mais aussi d’inscriptions en russe. «Elles n’ont pas été faites sur l’église en elle-même, mais sur la porte par laquelle passent les paroissiens pour entrer dans le complexe, précise-t-il. Il s’agissait de termes vulgaires accompagnés de la lettre Z, ce qui nous a permis de comprendre qu’elles faisaient référence à l’opération militaire en Ukraine.» Figurant sur les blindés russes qui avaient participé à l’invasion initiale de l’Ukraine en février dernier, la lettre Z est depuis devenue un symbole de soutien à la guerre.

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Proximité avec le patriarche Cyrille

Les inscriptions ont pu en grande partie être effacées avec un nettoyeur haute pression, selon le père Michel, et les services réguliers du samedi soir et du dimanche matin devraient se dérouler comme prévu. Contactée par Keystone-ATS samedi matin, la police cantonale genevoise confirme avoir constaté les dégâts vendredi à 10h. Une plainte a été déposée et une enquête va être menée, a encore précisé son porte-parole, ajoutant qu’il ne commenterait pas davantage pour cette raison.

Contrairement à la Cathédrale de l’Exaltation de la Sainte-Croix, au centre-ville de Genève – qui avait également été vandalisée en 2012 –, la paroisse de Chêne-Bougeries est placée sous l’autorité directe du patriarche de Moscou Cyrille, qu’elle représente au Conseil œcuménique des Églises, basé au Grand-Saconnex. Selon le père Michel, «l’acte n’a pas été revendiqué, il est donc impossible de savoir avec certitude ce qui l’a motivé. Mais nous avons probablement été visés à cause de ce lien direct avec Moscou.» Proche du président russe Vladimir Poutine, le patriarche Cyrille s’est illustré par son soutien passionné à l’invasion de l’Ukraine.

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Cette proximité explique peut-être aussi la réaction très vive de l’ambassade de Russie. Sur son site, cette dernière dit avoir soumis une note de protestation officielle auprès du DFAE et exige «que des mesures urgentes soient prises pour identifier et punir les responsables».