Les Jurassiens sont coutumiers des signaux électoraux contradictoires. Ils font un triomphe aux socialistes, mais éjectent celui qui aurait pu être leur meilleur allié, le magistrat chrétien-social. Ils infligent au premier tour un carton jaune au premier parti cantonal, le Parti démocrate-chrétien. Mais ils lui laissent les rênes du pouvoir, non seulement en réélisant les deux ministres PDC, mais en maintenant aux affaires le libéral-radical Michel Probst.

Fidèle à son habitude, l’électorat jurassien préconise la continuité avec un élément de rupture. Ce fut Michel Probst en 2006, c’est le socialiste Michel Thentz en 2010.

Tous deux vainqueurs et bien qu’antagonistes au niveau de leurs idéologies, PDC et PS sont condamnés à s’entendre. Ce devrait être le cas, tant les personnalités élues affichent de la connivence. Reste à rapidement établir une plate-forme politique, dans laquelle PS et PDC se reconnaissent et qui serve l’intérêt supérieur d’un canton qui ne peut se permettre la paralysie des guéguerres partisanes, alors qu’il joue son avenir et son développement ces prochaines années.

PDC et PS sont face à un premier chantier pour lequel ils devront forger rapidement un consensus: la répartition des portefeuilles. Après l’inutile psychodrame de 2006 à ce propos, ils doivent trouver l’arrangement qui permettra de tirer le meilleur parti de chacun des conseillers d’Etat.

Il serait judicieux qu’en plus du Département de la formation, Elisabeth Baume-Schneider endosse la fonction de ministre de la Coopération. Le Jura a besoin d’ambassadeurs crédibles, l’électorat lui a offert cette légitimité.