A défaut de réaménager la Rade, la Ville de Genève recycle son unique pavillon de bronze pour faire de l'économie sociale et solidaire. Magistrate socialiste chargée des finances municipales, Sandrine Salerno a présenté hier l'entreprise sociale «T-Interactions», chargée d'exploiter durant la saison 2008 le fameux prototype dessiné par les architectes Bakker & Blanc (LT du 05.05.2008), attaqué par référendum et repabtisé «Aux glaces Inuit» par l'association T-Interactions. «Il deviendra un objet vintage, que les Genevois finiront par apprécier», assure la magistrate.

Populations en rupture

Une quinzaine de personnes seront mobilisées par l'entreprise sociale, qui se réjouit «de permettre à des populations en rupture de trouver ici un espace de travail et un rôle social, crucial pour qu'elles retrouvent leur place dans la communauté genevoise», explique Alain Dupont, directeur de T-Interactions. «Au sein de l'équipe, il y aura quelques personnes venues directement de Bel Idée, que l'on aura formées au préalable. Au contact de la population, les comportements de modifient», affirme-t-il. Les employés seront soit salariés, soit indemnisés dans les cas de personnes inscrites à l'AI. Ils travailleront sous la houlette d'un professionnel de la restauration qui a travaillé plus de dix ans avec des personnes ayant des difficultés psychiatriques. Leurs horaires seront flexibles, adaptés à chacun.

La Ville a choisi de louer le pavillon à T-Interactions en particulier parce que «les gens portent un regard moins empathique sur le type de handicapés dont cette entreprise s'occupe. Or, il est important que toutes les populations qui cohabitent à Genève se rencontrent», affirme Sandrine Salerno.

Le stand «Aux glaces Inuit», qui devrait se fournir exclusivement en produits du terroir, sera ouvert de 10h à minuit pendant la saison. Quant à son sort futur, dès 2009, il demeure incertain.