Le projet de créer à Genève une liaison ferroviaire entre les gares de La Praille et des Eaux-Vives vient de passer avec succès une étape supplémentaire sur le chemin tortueux de sa réalisation. Vendredi, à Berne, la commission des transports du Conseil des Etats a reconnu que l'accord franco-suisse de 1912, qui prévoit notamment la construction d'une liaison entre Genève-Cornavin et Annemasse, en Haute-Savoie, était encore en vigueur.

Les commissaires ont décidé, à l'unanimité, de transmettre au Conseil fédéral une motion chargeant celui-ci de présenter à l'Assemblée fédérale une proposition détaillée qui permettra d'honorer l'engagement pris par la Suisse en 1912. Cette motion sera soumise à la Chambre haute ce printemps.

Une attente de deux à trois ans

«C'est une excellente nouvelle», s'exclame Gérard Ramseyer, patron du Département genevois des transports. «La procédure choisie par la commission du Conseil des Etats a le mérite d'être beaucoup plus rapide que celle du droit d'initiative cantonal que nous avions entamée.» Si la motion est approuvée par le Conseil des Etats et le Conseil national, «le Conseil fédéral fera dans deux ou trois ans une proposition concrète avec tracé et étude préliminaire effectués par ses services», estime Gérard Ramseyer.

Emboîtant le pas à son parlement, le gouvernement genevois a opté, en juin 2000, pour l'option ferroviaire souterraine entre La Praille et les Eaux-Vives, qui permettrait de relier le réseau ferré helvétique au réseau français de Haute-Savoie. Pour assurer la réalisation de cet ouvrage, le canton a choisi de réactiver l'accord de 1912. Concernant le financement de cette opération, dont le coût est estimé à au moins 650 millions de francs, l'accord indique que le canton assumerait un tiers des dépenses et «la Confédération les deux tiers», précise Gérard Ramseyer. Si la motion est effectivement transmise au Conseil fédéral, les services fédéraux collaboreront avec leurs homologues cantonaux pour la réalisation du plus important des projets de transport collectif prévus au cours des dix prochaines années dans le canton.