Le phénomène de la pauvreté est étudié depuis peu en Suisse. Les premières données solides avaient été publiées par le Fonds national de la recherche scientifique en 1997. Portant sur la période 1982-1992, elles révélaient une pauvreté d'une proportion insoupçonnée, qui ne s'était pas amplifiée durant les années 80. Elle montrait déjà l'émergence du phénomène des «working poors», aspect qui a été approfondi, sur la base des mêmes données, par une seconde étude commanditée par Caritas et publiée en 1998.

L'étude de l'OFS se base, elle, sur des données de l'enquête (annuelle) suisse sur la population active (ESPA). L'exercice sera renouvelé régulièrement, ce qui permettra de suivre l'évolution de la pauvreté de manière fine et de tester l'efficacité des mesures prises pour la combattre. L'OFS se base sur les critères de la Conférence suisse des institutions d'action sociale, qui considère comme pauvre une personne dont le revenu mensuel ne dépasse pas 2100 francs après impôts et cotisations sociales (4000 francs pour les familles d'au moins trois enfants).