Justice

Une ex-politicienne genevoise condamnée pour avoir pillé la fortune de sa pupille

La candidate malheureuse au Conseil d’Etat se voit infliger une peine de 3 ans de prison avec sursis partiel pour s’être approprié 488 000 francs en usant de multiples stratagèmes

«Les faits sont trop graves pour pouvoir prononcer une peine compatible avec un sursis complet.» Aux yeux du Tribunal correctionnel, l’éphémère politicienne genevoise, qui s’était portée candidate au Conseil d’Etat sur la liste du MCG, a commis une faute très lourde en engloutissant la fortune de sa pupille pour satisfaire des goûts de luxe. Reconnue coupable d’escroquerie par métier, d’abus de confiance aggravé, de faux dans les titres et de gestion déloyale, la quadragénaire est condamnée à une peine de 3 ans avec sursis partiel, la partie ferme étant fixée à 6 mois.

Proie idéale

Jugée depuis lundi pour avoir pillé 488 000 francs sur les comptes d’une vieille dame alcoolique dont elle était la curatrice depuis 2003, la prévenue est reconnue comme pleinement responsable. Les juges relèvent que cette dernière a multiplié ses ponctions et autres transferts sur une très longue période de près de douze ans et a usé de procédés différents pour mieux tromper son monde. Elle a été jusqu’à commettre neuf actes délictueux par mois. Selon le tribunal, ce n’est pas un hasard si elle s’en est prise à cette victime isolée et non pas à une autre pupille mieux entourée par sa famille.

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En tant que stagiaire notaire, elle avait plus que quiconque conscience de violer la loi

Le mobile égoïste ne fait aucun doute. C’est l’appât du gain. L’affaire est d’autant plus grave que l’intéressée a agi dans le cadre d’un mandat officiel de l’Etat. «En tant que stagiaire notaire, elle avait plus que quiconque conscience de violer la loi.» Elle aurait pu s’arrêter à tout moment, ajoute la décision, mais elle a persisté malgré les salaires plus importants touchés au gré de ses promotions dans le domaine bancaire et de ses postes au sein de l’administration cantonale.

La prise de conscience de la prévenue est qualifiée de partielle car elle a été incapable de donner les raisons de ces détournements et a fourni des explications «très peu étayées». Les juges estiment aussi qu’elle a manifesté peu d’empathie pour sa victime. Une vieille dame dont elle a non seulement siphonné la fortune mais qu’elle a encore criblé de dettes pour s’enrichir.

Psychisme perturbé

En faveur de cette ancienne conseillère municipale, qui avait quitté le PDC pour rejoindre le MCG en 2013, les juges retiennent qu’elle s’est elle-même dénoncée. Cette démarche est certes tombée à un moment opportun où elle était acculée par les lourds impayés de sa pupille, nuance le verdict. Sa situation familiale et un handicap physique causé par un grave accident ont aussi pesé dans la balance. De même que ses troubles psychiques. Même si ceux-ci n’ont pas altéré ses capacités et sa volonté d’agir, le tribunal admet que l’état mental de la prévenue était en rapport avec les faits.

La facture de cette dérive sera longue à payer. Le tribunal a aussi confisqué huit sacs à main, saisis au domicile de cette curatrice insatiable, et décidé que ceux-ci seraient vendus pour régler les frais de procédure.

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