Le passage d’Eric Zemmour à Genève, les 24 et 25 novembre derniers, a coûté plus de 322 000 francs à la Ville de Genève. Cette somme comprend les frais liés à la mobilisation de centaines de policiers pour assurer sa sécurité, mais «n’englobe pas la totalité des frais», pointe la RTS ce matin.

«Manque de transparence»

La conférence d’Eric Zemmour et de l’avocat Marc Bonnant, organisée par le cercle Convergences, avait suscité de vives réactions. Plus de soixante associations, collectifs, syndicats et partis politiques s’étaient opposés à la venue du polémiste français, désormais officiellement candidat à la présidentielle 2022. Une pétition avait même été initiée pour demander à la Ville de Genève de se positionner contre la tenue de cet événement. Le jour du débat, l’hôtel Hilton dans lequel Eric Zemmour résidait avait reçu une alerte au colis piégé et plus d’un millier de personnes avaient manifesté dans la rue contre sa tenue.

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La RTS a repéré la réponse formulée vendredi par le Conseil d’Etat genevois à Sylvain Thévoz. Le député socialiste l’avait interrogé sur le coût de déploiement d’un tel dispositif sécuritaire durant deux jours. Celui-ci «ainsi que ses travaux préparatoires une semaine avant, ont nécessité plus de 7300 heures de travail», précise le gouvernement cantonal. Ce à quoi il faut ajouter plus de 5800 heures supplémentaires «à un coût moyen de 55 francs l’heure», la mobilisation de 32 policiers tessinois et les frais de logistique.

La facture de 322 000 serait donc en deçà de la réalité. La réponse de l'exécutif «manque de transparence», juge Sylvain Thévoz. Il estime que la visite d’Eric Zemmour a coûté plus d’un million de francs aux contribuables.

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En ce qui concerne l’accueil réservé à cette personnalité controversée, le Conseil d’Etat répond qu’il «restera toujours le garant de l’Etat de droit et de l’exercice des libertés fondamentales.» Et d’ajouter: «Genève a perpétuellement démontré son fort attachement à la liberté d’expression, favorisant ainsi l’image de notre pays comme étant une plateforme incontournable de l’ouverture sur le dialogue.»