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Le bâtiment primé (au centre) accueillera le musée de la photographie et celui du design. A gauche, le futur musée des beaux-arts.

Urbanisme

Une faille de lumière pour attirer au Pôle muséal

Les architectes portugais Aires Mateus ont remporté le concours international pour compléter le «quartier des arts» de la capitale vaudoise. Le visage du Pôle muséal, qui se dressera en 2020 à la place de l’ancienne halle aux locomotives, est désormais entièrement connu

Pôle muséal, quartier des arts, esplanade des musées, le vocabulaire est encore hésitant. Mais le visage du complexe culturel qui doit se dresser d’ici à 2020 sur une friche de la gare de Lausanne est entièrement dévoilé depuis lundi.

Les architectes portugais Manuel et Francisco Aires Mateus sont les lauréats du concours international lancé pour la seconde partie de cet ensemble. Emballé, le jury a décerné à l’unanimité le premier prix à la proposition des deux frères de Lisbonne.

Celle-ci consiste à réunir dans un seul bâtiment le Musée de la photographie (Musée de l’Elysée) et le Musée de design et d’arts appliqués contemporains (Mudac). La photographie sera en sous-sol, le design au premier étage. Entre les deux, de plain-pied, les services communs (accueil, cafétéria, boutique) seront regroupés dans un forum suffisamment ouvert sur les quatre côtés pour produire l’effet d’une «faille de lumière» et prolonger l’espace public de l’esplanade.

Pour le Musée cantonal des beaux-arts (MCBA), qui se dressera sur le flanc de cette esplanade, c’est le projet des architectes espagnols Barozzi et Veiga qui a déjà été retenu, dans un précédent concours. Sous la direction d’Olivier Steimer, président de la Banque Cantonale Vaudoise (BCV), le jury salue «la force, la simplicité et la cohérence (avec le MCBA) de la vision des frères Aires Mateus, qui aura valeur d’icône».

Lire aussi l'interview de Manuel Mateus: «La gare ne dérange pas le musée»

De grands noms

Après avoir collaboré avec Gonçalo Byrne, les deux architectes portugais ont ouvert leur propre bureau en 1988. Parmi leurs œuvres: le musée du phare Santa Maria, à Cascais (P) et le grand hôtel de Canal Square, à Dublin. Ils sont aussi les auteurs du spectaculaire projet de mosquée de Bordeaux, porté par Alain Juppé.

Le concours international pour la seconde étape du Pôle muséal avait suscité 140 inscriptions. Sur une vingtaine de projets retenus, dix-sept ont été rendus dans les délais, six suisses et onze étrangers. «Nous avions dix-sept vrais choix», précise Olivier Steimer. Cinq autres travaux ont été primés. Plusieurs grands noms de l’architecture ont été stimulés par le Pôle muséal lausannois. Dominique Perrault a présenté un projet souterrain, sous un toit bas d’une technologie très avancée, avec une agora creusée dans les profondeurs. Il dépassait de 30% le cadre financier prévu. Moins coûteux, le projet de Jean Nouvel (4e prix) est également souterrain. Il ne dessine aucun bâtiment apparent, les espaces d’exposition étant logés sous une nouvelle place. Avec ses façades de verre et ses étages décalés, le jury a aussi été séduit par le projet de Sanaa (Japon), la proposition la plus convaincante parmi celles qui proposaient deux bâtiments, un par musée, selon une option laissée aux candidats.

Regroupement de trois collections

Le regroupement des actuels Musée de l’Elysée et Mudac dans un seul bâtiment, le premier étant de plus mis en sous-sol, peut-il nuire à la visibilité de ces institutions culturelles? La nouvelle directrice de l’Elysée, Tatyana Franck, et la directrice du Mudac, Chantal Prod’Hom, se disent emballées par un projet «qui ne fait aucune hiérarchie» et qui permettra de fructueuses complémentarités.

Le regroupement des trois collections sur un même site leur permettra de doubler leur surface actuelle d’exposition. Pour la fréquentation, on vise, du fait des synergies attendues et de la proximité de la gare, 250 000 visiteurs par an. Un objectif ambitieux, vu que l’Elysée attire aujourd’hui 50 000 visiteurs, le Mudac 30 000 et le MCBA 25 000

«22 000 m2, ce n’est pas étriqué», répète le conseiller d’État Pascal Broulis lors de la proclamation des résultats. Une manière de souligner la valeur du site de l’ancienne halle aux locomotives, dont le choix est parfois critiqué. «Aujourd’hui cité interdite, demain esplanade ouverte», vante le chef du Département des finances. Les autorités cantonales n’en doutent pas: «Le Pôle muséal constituera un quartier des arts unique en Suisse, symbole de l’envergure culturelle et du dynamisme économique de Lausanne et du canton de Vaud.»

Près de 200 millions de francs

Dans l’immédiat, le gouvernement vaudois s’impatiente de pouvoir commencer les travaux de la première étape, celle du Musée cantonal des beaux-arts, d’un coût total de 87 millions de francs. Les crédits cantonaux ont été votés et la part de financement privé (33,2 millions) est assurée. Mais la réalisation est encore suspendue à une décision du Tribunal fédéral sur des oppositions de voisinage. Pour le financement privé, le plus grand don (10 millions) est anonyme. La Fondation Gandur, la Fondation Damm-Etienne, la BCV et Audemars Piguet figurent dans la liste des donateurs.

La réalisation de l’œuvre des frères Aires Mateus, dans la seconde étape, représentera un investissement de 100 millions de francs, dont 40 seront couverts par le canton, 20 par la Ville de Lausanne et 40 par des mécènes. Les moyens permettant de pousser le projet jusqu’à la phase des soumissions sont assurés. Le crédit d’ouvrage sera demandé en 2017 au Grand Conseil. Le plan d’affectation du quartier n’est plus contestable. Mais des oppositions et des délais lors de la demande de permis de construire restent possibles. Et les 40 nouveaux millions à trouver dans le secteur privé? Une quinzaine de millions se profilent déjà, répond Pascal Broulis, précisant que «rien n’est encore signé».

Lire aussi: «Genève s'écharpe autour de deux institutions culturelles»

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