La famille faisait partie d’un groupe de requérants syriens qui avaient été retenus à Brigue (VS) par les gardes-frontières puis placés dans un train à destination de l’Italie. Malgré les douleurs croissantes dont se plaignait la mère, les fonctionnaires avaient renoncé à appeler un médecin. La victime perdait les eaux et saignait.

Devant le Tribunal administratif fédéral, l’avocate de la famille a affirmé que sa cliente souffrait aujourd’hui encore d’un trouble post-traumatique et de dépression. Elle avait été prise d’angoisse et de panique dans les locaux de la douane. Elle s’était sentie aux mains des gardes-frontières qui n’avaient rien fait, bien que son mari ait demandé plusieurs fois de l’aide.

Difficultés au quotidien

Aujourd’hui, la femme éprouve des difficultés au quotidien en raison d’un trouble de l’adaptation. Son avocate a souligné que le sentiment d’abandon et le transfert forcé vers l’Italie alors qu’elle souffrait de douleurs insupportables étaient à l’origine de ses difficultés psychiques.

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Contrairement à l’opinion du Département fédéral des finances (DFF) qui est appelé à indemniser la femme, la fausse couche n’est pas à l’origine de ce traumatisme, a affirmé l’avocate. Cette dernière demande aussi réparation au nom du mari et des trois enfants, mineurs au moment des faits. Toute la famille a vécu cette tragédie à Brigue et le mari doit pratiquement se débrouiller seul en raison des problèmes de son épouse. L’audience se poursuit avec le témoignage de la mère, suivie du représentant du DFF.