Avant d'être nommée jeudi soir à la présidence du Parti libéral neuchâtelois, Thérèse Humair a connu une ascension politique rapide: législatif de sa commune de Fleurier en 1992, Grand Conseil l'année suivante, présidence du parlement cantonal de juin 1999 à juin 2000. Cette femme de 55 ans a la réputation d'être une bosseuse qui épluche les dossiers et prépare soigneusement ses interventions. Sa nouvelle tâche consistera notamment à rassembler un parti qui semble divisé.

«Il n'y a pas de dissensions, simplement des sensibilités différentes», rétorque Thérèse Humair, convaincue que «la pluralité des opinions est un enrichissement». «Evidemment, il peut y avoir des épisodes liés à des personnes.» Ce printemps, la section de Neuchâtel a écarté Violaine Barrelet de la course au Conseil communal (exécutif) où elle siégeait depuis quatre ans. Il faudra du temps pour effacer l'incident, très local au demeurant.

Humaniste

Thérèse Humair peut être classée dans la catégorie des humanistes, mais elle se réjouit quand même d'avoir à sa droite, en tant que vice-président, Jean-Claude Baudoin, qui fut un farouche opposant à la péréquation financière ce printemps. «Je ne me suis pas fait imposer M. Baudoin. Nous sommes allés le chercher.» A sa gauche, la présidente attend qu'un politicien des Montagnes veuille bien accepter la seconde vice-présidence. Ainsi, et c'est son credo, l'ensemble des sensibilités politiques libérales du canton seront réunies. «Quand je suis entrée au Parti libéral, j'avais l'image d'un parti de notables. Une image rassurante, car c'est celle du père», confie la nouvelle présidente. «Avec la nouvelle génération, l'image change et il faut l'adapter à la société moderne.» Mais elle aura besoin des anciens «pour leur culture politique» et elle inculquera aux jeunes «le sens de l'engagement, de la responsabilité, et de la liberté».

Sur le thème de la péréquation, les libéraux se sont montrés divisés. Dissonance? «C'est plus facile de se taire et d'espérer que de s'exposer», rétorque Thérèse Humair qui rappelle que la loi sur la fiscalité a été votée de justesse au Grand Conseil grâce aux libéraux. La décision fut d'autant plus douloureuse que le chef des Finances cantonales, Jean Guinand, est libéral.