Assoupie dans un confort tranquille, loin des tourbillons de la Cité, la Vieille-Ville de Genève n'en a pas pour autant perdu la mémoire. Une mémoire vive, irrationnelle, loin des musées et de leurs discours momifiés. Des siècles traversés, les vieilles pierres gardent encore de petits secrets, délicieux, officieux, livrés au détour des rues.

Publié chez Slatkine, un livre s'est fait le guide complice de cette histoire parallèle. Aux Genevois oublieux, aux touristes curieux, les textes de Christian Vellas et les images – hélas, un peu mornes – de Gérard Chardonens – racontent les morceaux de vie qui ont imprégné ces lieux. Saviez-vous que la rue du Purgatoire était toujours emplie d'ordures, alors que la rue de l'Enfer, qui la précédait, était bien mieux tenue? A tel point que l'écrivain Mark Twain, passant de l'Enfer au Purgatoire, avait eu ce mot: «My God, j'ai l'impression d'aller dans la mauvaise direction…» Saviez-vous aussi que la fameuse courtisane Lola Montès, ayant reçu de son amant Louis 1er de Bavière – qu'elle surnommait affectueusement «mon petit crocodile» – un motif de fontaine représentant un saurien, l'avait laissé à Genève alors qu'elle fuyait les Bavarois hostiles à sa liaison avec le roi?

Un livre pour ceux qui aiment flâner dans l'Histoire.

«Genève, Vieille-Ville, vieilles rues», textes de Christian Vellas, photographies de Gérard Chardonnens, éditions Slatkine, 1999, 223 pages.