Arc lémanique

Une fondation richement dotée se propose d’aider la presse romande

Aventinus s’est constituée le 7 octobre. Elle est présidée par François Longchamp et compte notamment Anne-Catherine Lyon dans son conseil. Un premier projet sera soutenu à hauteur de 600 000 francs

Une fondation créée le 7 octobre dernier à Genève s’apprête à jouer un rôle important dans le paysage médiatique romand. Sa mission principale est de «soutenir et stimuler l’existence de médias et de projets journalistiques de qualité». Son territoire d’action est concentrique: Genève, l’Arc lémanique et la Suisse romande «à l’exclusion d’ailleurs», stipulent les statuts. Elle a été reconnue d’utilité publique.

Lire aussi: Une histoire de la presse romande actuelle en cinq dates

Le poids futur de ce nouvel acteur se mesure à l’identité des trois fondations qui se sont d’ores et déjà engagées et par le sérieux de ses responsables: Hans-Wilsdorf à Genève, Leenards à Lausanne et Jan Michalski pour l’écriture et la littérature, à Montricher, dans le canton de Vaud. François Longchamp, ancien président du Conseil d’Etat genevois, préside cette nouvelle entité. Son conseil compte en son sein Anne-Catherine Lyon, ancienne conseillère d’Etat vaudoise, chargée du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, Jean-Frédéric Jauslin, ancien directeur de l’Office fédéral de la culture, et Jérôme Koechlin, directeur de la communication de la banque Reyl & Cie.

Réapparition publique

François Longchamp, qui réapparaît publiquement pour la première fois depuis qu’il a quitté le Conseil d’Etat genevois au printemps 2018, a détaillé devant la presse les raisons qui ont poussé à la création d’Aventinus, selon le nom qu’il a lui-même choisi pour cette fondation, pour des raisons qu’il se refuse à dévoiler. Face au double constat qu’une presse indépendante et de qualité est le garant du bon fonctionnement de notre démocratie directe et que ce secteur économique vit des mutations qui le mettent en difficulté, deux attitudes sont possibles, a résumé le radical: se lamenter ou agir maintenant. «Certaines institutions ont décidé de trouver des solutions», a souligné François Longchamp. Les sommes mobilisées, «extrêmement substantielles, se comptent en millions», a-t-il dit, sans avancer de chiffre.

Lire également: Comment soutenir la presse romande: le modèle Fijou

Le premier bénéficiaire est le Club suisse de la presse, qu’Aventinus alimente à hauteur de 600 000 francs. Ce soutien sera effectif si ce dossier est choisi dans le cadre d’un appel à projets lancé par la Confédération, le canton et la ville de Genève afin de couvrir la Genève internationale.

«Contexte et distance»

«Nous n’allons pas financer l’existant pour le plaisir», a prévenu l’ex-politicien. Le conseil va faire un état de la situation et des besoins de la presse romande. Aucun investissement ne sera exclu ni accepté d’emblée. L’analyse se fera «au cas par cas». Des critères éthiques seront appliqués pour un soutien à une presse «qui sépare les faits des opinions, qui diversifie ses sources et qui met du contexte et de la distance» dans son traitement de l’actualité, a dit François Longchamp, citant l’annonce de la fausse arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès en contre-exemple.

Une quatrième fondation ainsi que des mécènes privés ont également l’intention de soutenir Aventinus, a assuré François Longchamp. Cette fondation ne sera pas seule à œuvrer pour l’avenir de la presse genevoise. A l’occasion de cette conférence de lancement, on apprenait que Tibère Alder et Serge Michel, les fondateurs de Heidi News, lançaient eux aussi une structure baptisée Fidi dans le but de financer non seulement les contenus produits aujourd’hui par la start-up, mais d’autres projets également, éventuellement portés par d’autres titres. Joëlle Kuntz, chroniqueuse au Temps, en sera la présidente.


A l’occasion de ses 20 ans, Le Temps a mis l’accent sur sept causes emblématiques de ses valeurs. La première fut celle du journalisme. Retrouvez ici notre page dédiée.

Publicité