Alors que Genève n'arrête pas de se lamenter depuis plusieurs années sur ses dysfonctionnements entre Ville et canton, il est ironique que ce soit l'UDC qui relance le débat institutionnel et qu'il faille une crise financière majeure pour le provoquer. Toutefois, force est de constater que le projet de l'UDC, s'il a le mérite d'ouvrir la discussion, apporte une réponse aujourd'hui totalement inadéquate à un problème réel. Sur le fond, au moment où les villes ne cessent de prendre du poids et où la notion de proximité devient toujours plus centrale, supprimer la commune de Genève procède d'un dessein anachronique.

Sur la forme, on connaît les dégâts relationnels qu'a occasionnés le projet du Conseil d'Etat genevois en 1999 dans les rapports Ville-canton. Un projet qui avait d'ailleurs surtout vu le jour pour contrecarrer l'initiative de fusion Vaud-Genève. Pourtant, des doublons existent, diverses compétences demeurent très mal définies. Des économies doivent être entreprises. Au plan politique, pour que Genève puisse formuler un discours structuré sur son développement, de sérieuses améliorations sont nécessaires. Une réforme s'impose. Il en va de la lisibilité, mais aussi de l'efficacité des institutions et, partant, de l'avenir de l'agglomération genevoise.