La polémique ne durera pas tout l'été, mais le bras de fer entre les radicaux et l'UDC aura réveillé le débat politique helvétique. Ce face-à-face incarné par le combat de coqs entre Christoph Blocher et Pascal Couchepin a laissé hors du ring les socialistes.

Ursula Koch a raison quand elle rage de rappeler qu'elle fut la première à dénoncer Blocher qu'elle compara au trublion de l'extrême droite autrichienne Jörg Haider. Mais personne ne l'entendit. C'est un peu son problème.

Ursula Koch n'a pas forcément tort quand elle martèle que les vrais problèmes sont occultés par les missiles verbaux que s'envoient, mi-adversaires, mi-complices, Couchepin et Blocher.

Mais Ursula Koch se trompe de cible quand elle accuse la presse de collusion. La politique est aussi un spectacle et quand un conseiller fédéral descend dans l'arène, la dramaturgie prend une autre dimension.

Au lieu de se plaindre, les dirigeants socialistes devraient plutôt s'interroger sur leur incapacité à trois mois des élections fédérales à développer leurs propositions. K.-o. debout après l'échec de l'assurance maternité, la gauche peine à trouver un second souffle. La voie populiste étant occupée en Suisse alémanique par l'UDC, en Suisse romande par l'extrême gauche, le PS se doit d'aller au-delà de la dénonciation. Les attaques tous azimuts de la droite ultralibérale contre l'Etat social lui ouvrent pourtant un champ politique. Mais, encore prisonnière de ses vieux schémas idéologiques, la gauche modérée n'a pas encore trouvé le moyen de conjuguer la solidarité avec la nécessité d'une stabilisation des dépenses publiques indispensable pour l'économie et voulue par le peuple.

J.-M. B.