Il est toujours difficile de tirer les lignes forces d'élections communales sur le plan cantonal. Les spécificités locales compliquent les mises en perspective et rendent impossible tout jugement étayé. Dans le canton de Neuchâtel, pourtant, le recul de la droite libérale/radicale est si important – certains parlent même de déroute – qu'on peut légitimement s'interroger sur la possibilité d'un basculement à gauche historique lors des élections cantonales d'avril prochain.

Comme lors des dernières élections fédérales, l'UDC a cannibalisé l'électorat de la droite «traditionnelle», en particulier à La Chaux-de-Fonds. Très mal implanté dans le canton, avec des sections dans seulement 6 communes sur 62, le parti blochérien aura beaucoup de mal à améliorer ce score en quelques mois.

La gauche plurielle, elle, progresse de manière homogène sur tout le territoire cantonal. Le PS a réussi de jolies percées – parfois inattendues – dans le Val-de-Travers, dans le Val-de-Ruz et dans le district de Boudry. Si elle veut garder la main au Conseil d'Etat et au Grand Conseil,

la droite doit donc se poser sérieusement la question

d'un apparentement à trois. Et cela sans tarder: les listes pour les cantonales doivent être déposées avant la fin de l'année.